LE SACERDOCE DU CHRIST

 

1. La gloire de Dieu

2. La consécration sacerdotale du Christ

3. Prérogative unique du sacerdoce du Christ: Prêtre et Hostie

4. Les Actes du sacerdoce de Jésus

 

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2. — LA CONSÉCRATION SACERDOTALE DU CHRIST

 

Quelle est l'essence du sacerdoce ?

L'Épître aux Hébreux nous en donne une célèbre définition. « Tout pontife pris d'entre les hommes est chargé pour eux du service divin avec mission d'offrir des dons et des sacrifices en expiation des péchés : Omnis pontifex ex hominibus assumptus pro hominibus constituitur in iis quae sunt ad Deum, ut offerat dona et sacrificiel pro peccatis (V, 1).

Le prêtre est le médiateur qui offre à Dieu des oblations et des sacrifices au nom du peuple. En retour, Dieu le choisit pour communiquer aux hommes ses dons de grâce, de miséricorde et de pardon.

L'excellence toute spéciale du sacerdoce se déduit de cette médiation.

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D'où le Christ tient-il son sacerdoce ?

Saint Paul va nous répondre. Le sacerdoce, nous dit-il, est d'une telle grandeur que personne, pas même « le Christ dans son humanité, n'a pu s'arroger cette dignité » : Nec quisquam sumit sibi honorent, sed qui vocatur a Deo... Sic et Christus non semetipsum clarificavit ut pontifex fieret. Puis il continue : « Le Père lui-même a établi son Fils Prêtre éternel ; il lui a dit : Filius meus es tu, ego hodie genui te... Tu es sacerdos in aeternum (Hebr. V, 4-6).

Ainsi le sacerdoce est un don du Père à l'humanité de Jésus. Dès que le Verbe se fit chair, le Père éternel regarda son Fils avec une infinie complaisance. Il le reconnut comme unique médiateur entre le ciel et la terre, Pontife à tout jamais.

Homme-Dieu, le Christ aura le privilège de rassembler en lui l'humanité entière, pour la purifier, la sanctifier et la ramener au sein de la divinité. Par là, il donnera au Seigneur une gloire parfaite dans le temps et dans l'éternité.

C'est dès le premier instant de l'Incarnation que le Fils a été constitué médiateur et pontife.

 Il n'avait pas besoin, comme les autres prêtres, d'une onction extérieure que le consacrât. L'âme de Jésus n'a pas été marquée, comme la nôtre, au jour de notre ordination, d'un « caractère » sacerdotal indélébile. Pourquoi ? Nous touchons ici le fond du mystère. Par l'union hypostatique, le Verbe pénètre et possède l'âme et le corps de Jésus, il les consacre. Quand le Fils de Dieu s'est fait chair, il s'est totalement emparé de cette humanité. Le moment de la consécration sacerdotale du Christ fut celui de l'incarnation ; alors, Jésus fut marqué à jamais comme unique et éternel médiateur entre l'homme et Dieu. « Sur lui a été répandue une huile d'allégresse », dit saint Paul (Hebr. I, 9), car le Verbe fut lui-même cette onction infiniment sainte.

Jésus est le prêtre par excellence. « C'est bien là, dit saint Paul, le grand prêtre qu'il nous fallait, saint, innocent, sans tache... élevé par delà les cieux » (Hebr. VII, 26). Jusqu'à la fin des temps, les prêtres d'ici-bas ne recevront aucun pouvoir de médiation qui ne soit une part du sien ; il est la source unique de tout le sacerdoce qui glorifie Dieu comme il l'entend.

Pour pénétrer mieux encore le mystère de cette merveilleuse consécration sacerdotale, contemplons la venue de l'ange à Nazareth. Marie est en prière, elle est pleine de grâce. L'ange envoyé en ambassade lui transmet un message. Quel message ? Que le Verbe a choisi son sein comme la chambre nuptiale où il épousera l'humanité: « L'Esprit descendra sur vous »... Et Marie répond : « Qu'il me soit fait selon votre parole » (Lc. I, 33, 38). A cet instant divin, est consacré le premier prêtre, et la voix du Père retentit au ciel : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre,de Melchisédech » (Ps. 109, 4).

Marie devient alors vraiment la maison d'or, l'arche d'alliance, le tabernacle où la nature humaine fut unie au Verbe, et, par cette union même, Jésus fut établi pour toujours dans sa mission de médiateur.

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