LE SACERDOCE DU CHRIST

 

1. La gloire de Dieu

2. La consécration sacerdotale du Christ

3. Prérogative unique du sacerdoce du Christ: Prêtre et Hostie

4. Les Actes du sacerdoce de Jésus

 

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1. — LA GLOIRE DE DIEU

 

Saint Paul nous le révèle : l'absolue dépendance de toute créature à l'égard de la souveraineté de Dieu oblige l'homme à rendre gloire à la divine majesté : Ex Ipso et per Ipsum et in Ipso sunt omnia ; Ipsi gloria in saecula. Amen (Rom. XI, 36) [1]. A la Trinité toute gloire.

Dieu se donne à lui-même une louange parfaite, infinie. Tout le cantique des anges et de l'univers n'y peut rien ajouter.

Cependant, Dieu exige de sa créature qu'elle s'associe à cette glorification propre à sa vie intime. Selon le plan divin, la gloire que l'homme doit rendre au Seigneur dépasse la religion naturelle ; elle monte vers la Trinité par le sacerdoce de Jésus-Christ, seul médiateur attitré entre la terre et le ciel.

Telle est la prérogative magnifique du sacerdoce du Christ et de ses prêtres : offrir à la Trinité, au nom de l'humanité et de l'univers, un hommage de louange agréable à Dieu. La grandeur de ce sacerdoce, c'est d'assurer essentiellement le retour de la créature entière au Maître de toutes choses.

Avec le respect d'une foi vive, commençons par fixer notre regard sur le mystère de cette glorification au sein de la Trinité : elle existait avant tous les siècles comme Dieu même, et durera sans fin, sicut erat in principio et nunc et semper. Elle est le modèle parfait de toute louange humaine ou angélique. Nous sommes appelés à nous y unir sur terre et au ciel. C'est là notre sublime destinée.

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Qu'est cette gloire que se rendent entre elles les personnes divines ?

 En son essence, Dieu n'est pas seulement « grand », magnus, mais encore « objet de toute louange », laudabilis nimis (Ps. 47, 1). Il est d'une souveraine convenance qu'il reçoive la gloire qui répond à sa majesté, il sied qu'il soit glorifié en lui-même par une louange égale aux abîmes de puissance, de sagesse, d'amour qui sont en lui. Dieu aurait pu ne pas créer ; il aurait pu demeurer sans nous dans l'ineffable et bienheureuse société de lumière et d'amour des divines personnes.

Le Père engendre le Fils ; éternellement, il lui fait part du don suprême : la vie et les perfections de la divinité ; il lui communique tout ce qu'il est lui-même, à l'exception de sa « propriété » d'être Père.

Parfaite image substantielle, le Verbe est « la splendeur de la gloire du Père » : Splendor gloriae et figura substantiae ejus (Hebr. I, 3). Né du foyer de toute lumière, il est lui-même lumière ; il rejaillit, comme un cantique ininterrompu, vers Celui dont il émane : « Tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi» (Jo. XVII, 10).

Ainsi, par le mouvement naturel de sa Filiation, le Fils fait refluer vers le Père tout ce qu'il tient de lui.

Dans cette donation mutuelle, l'Esprit-Saint qui est charité, procède de l'amour du Père et du Fils comme de son unique principe d'origine. Cet embrassement, d'une dilection infinie, entre les trois Personnes achève l'éternelle communication de vie au sein de la Trinité.

Telle est la gloire que Dieu se rend à lui-même dans l'intimité sacrée de son éternelle vie.

 

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Pourrait-on voir en cette glorification infinie comme un acte de sacerdoce ?

Non. Et voici pourquoi.

Le Père, le Fils et l'Esprit-Saint sont égaux en puissance, en éternité, en majesté. On ne peut supposer entre eux une subordination ou une infériorité quelconque. Or, l'idée même du sacerdoce renferme cette notion d'infériorité : le prêtre s'abaisse lorsqu'il rend un culte à Dieu, et c'est par sa soumission à Dieu qu'il peut remplir le rôle de médiateur entre Dieu et les hommes. Ainsi, puisque les personnes divines sont d'une même et unique essence, nulle ne peut être considérée comme rendant un culte aux autres.

Aucun exercice de sacerdoce ne se conçoit dans la glorification éternelle de la Trinité. C'est la raison pour laquelle, en Jésus-Christ, le sacerdoce appartient en propre, non au Verbe, mais à son humanité sainte. Le Verbe n'est pontife que par son incarnation ; son sacerdoce est une prérogative de sa seule humanité.

 

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[1] « Tout est de Lui, par Lui et pour Lui ; à Lui soit la gloire à jamais ».