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Chapitre 1
ANALYSE DE LA PENSÉE
ŒCUMÉNIQUE
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L’unité du genre humain et le
dialogue interreligieux
Le
Christ, uni à chaque homme
4.
A
la base de la conception du Pape se trouve l’affirmation selon laquelle
« Jésus-Christ (qui) “s’est uni d’une certaine manière à tous
les hommes” (Gaudium et spes,
n° 22), même
si ceux-ci n’en sont pas conscients. 14 » Jean-Paul II explique en effet que la Rédemption apportée par le Christ est universelle non seulement en
ce sens qu’elle est surabondante pour le genre humain tout entier et
qu’elle est proposée à chacun de ses membres en particulier,
mais surtout parce qu’elle est appliquée de fait à tous les
hommes : si donc, d’un côté, «
dans le Christ, la religion n’est plus
une “recherche de Dieu comme à tâtons” (Act 17, 27), mais une
réponse de la foi à Dieu qui se révèle […], réponse rendue possible
par cet Homme unique […] en qui tout homme est rendu capable de répondre à Dieu », de l’autre, le Pape ajoute « [qu’]en cet Homme, la création entière répond à Dieu.
15 »
En effet, « chacun a été inclus
dans le mystère de la Rédemption, et JésusChrist s’est uni
à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. […]
C’est cela, l’homme dans toute la plénitude du mystère dont il
est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun
des quatre milliards d’hommes vivant sur notre planète, dès
l’instant de sa conception. 16 » De la sorte, « dans
l’EspritSaint, chaque personne et
chaque peuple sont devenus, par la croix et
la résurrection du Christ, des enfants de Dieu, des participants de
la nature divine et des héritiers de la vie éternelle.
17 »
Le
congrès d’Assise
5.
Cet universalisme de la Rédemption trouve son application immédiate
dans la manière dont Jean-Paul II pratique les relations entre l’Église catholique et les autres religions. En effet, si
l’ordre de
l’unité précédemment décrit « est celui qui remonte à la création et à la rédemption
et s’il est donc, en ce sens, “divin”, ces différences
et ces divergences [citées plus haut], même religieuses, remontent
plutôt à un “fait humain” 18 » et doivent donc « être dépassées dans le progrès vers la réalisation du grandiose dessein d’unité
qui préside à la création. 19 » D’où les réunions interreligieuses
telles que
celle
d’Assise, le 27 octobre 1986, en laquelle
le Pape a voulu déceler « de manière visible, l’unité cachée mais
radicale que le Verbe divin […] a établie entre les hommes et les
femmes de ce monde. 20 » Par de tels gestes, le Pape entend
faire proclamer à l’Église que « le Christ est la réalisation
de l’aspiration de toutes les religions du monde et, par cela même, il en est l’aboutissement unique et définitif.
21
»
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L’Église
du Christ et l’Œcuménisme
L’unique
Église du Christ
6.
Un
double ordre : unité
divine demeurant inviolée, et divisions historiques qui ne relèvent
que de l’humain ; telle est encore la grille
appliquée à l’Église, considérée comme communion. JeanPaul
II distingue en effet l’Église du Christ, réalité divine, des différentes
Églises, fruits des “divisions humaines” 22.
L’Église du Christ, aux contours assez
mal définis du fait qu’elle déborde des limites visibles de
l’Église catholique 23, est une réalité intérieure
24. Elle rassemble pour le moins l’ensemble des chrétiens 25, quelle que soit
leur appartenance ecclésiale : tous sont
« disciples du Christ 26 »,
« dans une appartenance commune au
Christ 27 » ; ils
« sont un parce que, dans l’Esprit, ils sont dans la
communion du Fils et, en lui, dans sa communion avec le Père. 28
» L’Église du Christ est
donc communion des saints, par delà
les divisions : «L’Église est Communion des saints. 29 »
En effet, « la communion en
laquelle les chrétiens croient et espèrent est,
en sa réalité la plus profonde, leur unité avec le Père par le Christ
et dans le Saint-Esprit. Depuis la Pentecôte, elle est donnée et
reçue dans l’Église, communion des saints. 30 »
Les
divisions ecclésiales
7.
D’après Jean-Paul II, les divisions ecclésiales survenues au cours de
l’histoire n’auraient pas affecté l’Église du Christ, autrement
dit auraient laissé inviolée l’unité radicale des chrétiens entre
eux : « Par la
grâce de Dieu, ce qui appartient à la structure de
l’Église du Christ n’a pourtant pas été détruit, ni la communion qui
demeure avec les autres Églises et Communautés
ecclésiales.
31
»
Ces divisions sont en effet d’un autre ordre ; elles ne
concernent que la
manifestation
de la communion
des saints, ce qui la rend visible : les traditionnels liens de la
profession de foi, des sacrements et
de la communion hiérarchique. En refusant l’un
ou l’autre de ces liens, les Églises séparées ne portent atteinte qu’à
la communion
visible
avec l’Église catholique, et
encore seulement de manière partielle : cette dernière communion est
capable de plus ou de moins, selon qu’un plus ou moins grand nombre de
liens auront été sauvegardés. On parlera alors de communion
imparfaite entre les Églises séparées et l’Église catholique,
la communion de tous dans l’unique Église du Christ demeurant
sauve 32.
Le terme
d’ “Églises-sœurs” sera souvent utilisé
33..
8.
Selon cette conception, ce qui unit entre elles les différentes Églises
chrétiennes est plus grand que ce qui les sépare
34.
«
L’espace spirituel commun l’emporte sur bien des barrières confessionnelles
qui nous séparent encore les uns des autres. 35 »
Cet espace spirituel, voilà l’Église du Christ. Si celle-ci ne «
subsiste 36 » « en un unique sujet 37 » que
dans l’Église catholique, elle
n’en garde pas moins une «présence active » dans les
Communautés séparées en raison des « éléments de sanctification
et de vérité 38 »
qui y sont présents. C’est ce prétendu espace spirituel
commun que Jean-Paul II a voulu sceller par la publication d’un
martyrologe commun aux Églises : «
L’œcuménisme des saints, des martyrs, est peut-être celui qui convainc
le plus. La voix de la communio sanctorum est plus forte que
celle
des fauteurs de division. 39 »
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Ni
absorption ni fusion, mais don réciproque
9.
Dès lors, « le but ultime du mouvement
œcuménique » n’est que « le rétablissement de la pleine unité
visible de tous les baptisés. 40 » Une telle
unité ne se réalisera plus par l’“œcuménisme
de retour” 41 : «
Nous le rejetons comme méthode de
recherche d’unité. […] L’action pastorale de l’Église
catholique tant latine
qu’orientale ne tend plus à faire passer les fidèles d’une
Église
à l’autre. 42 »
Ce serait en effet oublier deux choses :
-
Ces
divisions, que le concile Vatican II analyse comme des manquements
à la charité 43, sont
imputables de part et d’autre : «Evoquant la division des chrétiens, le décret sur l’œcuménisme
n’ignore pas “la faute des hommes de l’une et
l’autre partie”, en reconnaissant que la responsabilité ne peut
être attribuée uniquement “qu’aux autres (UR
, 3).” 44
»
-
L’œcuménisme
est aussi « échange de dons 45 » entre les Églises : «
L’échange des dons entre les Églises, dans leur complémentarité
rend féconde la communion. 46 »
C’est pourquoi l’unité souhaitée par Jean-Paul II « n’est pas
absorption ni même fusion. 47 » Appliquant ce principe aux
relations entre l’Église catholique et les orthodoxes, le Pape développe
: « Les deux Églises-sœurs d’Orient et d’Occident comprennent
aujourd’hui que sans une écoute réciproque des raisons profondes qui
sous-tendent en chacune d’elles la compréhension
de ce qui les caractérise, sans un don réciproque des trésors du génie dont chacune est porteuse, l’Église du Christ ne
peut manifester la pleine maturité de cette forme qu’elle a reçue au
début, dans le Cénacle. 48 »
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La
recomposition de l’unité visible
10.
« De même que dans la famille les éventuelles dissensions doivent
être dépassées par la recomposition de l’unité, c’est ainsi que l’on doit faire dans la famille plus vaste de la communauté chrétienne
tout entière. 49 » Dépasser les dissensions humaines
par la recomposition de l’unité visible,
telle est la méthodologie du Pape. Il faudra l’appliquer dans les trois liens
traditionnels de la profession de foi, des sacrements et de la communion hiérarchique, du fait que ce sont eux qui constituent la visibilité de
l’unité.
L’unité
de sacrements
11.
On sait comment Paul VI s’y est employé en matière de sacrements :
dans les réformes liturgiques successives qui ont appliqué
les décrets conciliaires, « l’Église a été guidée (…) par le
désir de tout faire pour faciliter à nos frères séparés le chemin de
l’union, en écartant toute pierre qui pourrait constituer ne seraitce
que l’ombre d’un risque d’achoppement ou de déplaisir.
50
»
12.
L’obstacle d’une liturgie catholique trop expressive du dogme ainsi
écarté, il restait à dépasser la difficulté posée par les
liturgies des communautés séparées. La réforme fit alors place à la
reconnaissance : bien qu’elle ne contienne pas les paroles consécratoires,
l’anaphore assyrienne (nestorienne) d’Addaï et Mari fut décrétée valide en un document expressément approuvé
par
Jean-Paul II
51.
L’unité
dans la profession de foi
13.
En matière
de foi, Jean-Paul II estime que, bien souvent, « les polémiques
et les controverses intolérantes ont transformé en
affirmations incompatibles ce qui était en fait le résultat de deux regards
scrutant la même réalité, mais de deux points de vue différents. Il
faut trouver aujourd’hui la formule qui, saisissant cette
réalité intégralement, permette de dépasser les lectures partielles
et d’éliminer les interprétations erronées. 52 »
Cela réclame une certaine latitude par rapport aux formules dogmatiques jusque là
employées par l’Église. On recourra donc au relativisme historique,
afin de faire dépendre les formules dogmatiques de leur époque : «
Les vérités que l’Église entend réellement enseigner
par ses formules dogmatiques sont sans doute distinctes des conceptions changeantes propres à une époque déterminée ; mais il n’est pas exclu qu’elles
soient éventuellement formulées, même par le Magistère, en
des termes qui portent des traces de telles conceptions. 53»
14.
Deux
applications de ces principes sont souvent citées. Dans le
cas de l’hérésie nestorienne, Jean-Paul II estime que «les divisions
qui se sont produites étaient dues dans une large mesure à
des malentendus. 54 » En effet, si le principe qui affirme
que « en premier lieu, devant des formulations doctrinales qui se séparent
des formules en usage dans la communauté à laquelle on
appartient, il convient manifestement de discerner si les paroles ne
recouvrent pas un contenu identique
55
» est clair, l’application qui en est faite est détournée. C’est ainsi que la reconnaissance de
foi christologique de l’Église assyrienne d’Orient, sans que lui
ait été réclamée l’adhésion à la formule d’Ephèse selon
laquelle Marie est Mère de Dieu, fait fi des condamnations antérieures, sans
tenir compte de leur aspect infaillible 56. Plus caractéristique encore est la déclaration
commune avec la Fédération luthérienne mondiale. Son souci ne fut pas
de dire la foi et d’écarter l’erreur, mais
seulement de trouver une formulation apte à échapper aux anathèmes du
concile de Trente : «Cette déclaration commune est
portée par la conviction que le dépassement des condamnations et des questions jusqu’alors controversées
ne
signifie pas que
les séparations et les condamnations soient prises à la légère ou
que
le passé de chacune de nos traditions ecclésiales soit désavoué.
Elle
est cependant portée par la conviction que de
nouvelles
appréciations adviennent
dans l’histoire de nos Églises.
57 » D’un mot bien simple,
le cardinal Kasper commentera cette déclaration : « Là où nous
avions vu au premier abord une contradiction, nous pouvons
voir une position complémentaire. 58 »
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La
communion hiérarchique
15.
Quant au
ministère pétrinien, les souhaits pontificaux sont connus : trouver,
de concert avec les pasteurs et théologiens des différentes
Églises, « les formes dans lesquelles ce ministère pourra
réaliser un service d’amour reconnu par les uns et par les autres.
59 » On introduira alors le régulateur de la
necessitas Ecclesiæ
60,
comprise
aujourd’hui comme réalisation de l’unité des
chrétiens, pour atténuer ce qui, dans l’exercice du ministère pétrinien,
pourrait être obstacle à l’œcuménisme.
16.
Selon
le cardinal Kasper, cette démarche ne suffit pas. Il faut encore
dépasser les obstacles présents dans les communautés séparées, par
exemple l’invalidité décrétée des ordinations anglicanes 61. La piste qu’il propose pour cela est une redéfinition du
concept de succession apostolique, non plus « dans le sens d’une chaîne historique d’imposition des mains remontant à travers
les siècles à un apôtre – ce serait une vision très mécanique et
individualiste » mais comme «participation collégiale dans un collège
qui, comme un tout, remonte aux apôtres par le partage de la même
foi apostolique et par la même mission apostolique. 62 »
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Notes
14
-
Jean-Paul II, La
situation du monde et l’esprit d’Assise, Discours aux cardinaux et
à la Curie du
22/12/1986
, DC n°1933 du
01/02/1987
, p. 134.
15
-
Jean-Paul II, Tertio
millennio adveniente, n°6.
16 -
Jean-Paul
II,
Redemptor
hominis
n°13.
17 -
Jean-Paul II,
Message
aux peuples d’Asie
du
21/02/1981, DC n°1804 du 15/ 03/1981, p. 281.
18 -
Jean-Paul
II,
La
situation du monde et l’esprit d’Assise, discours aux cardinaux et
à la Curie
du
22/12/1986, DC n°1933 du 01/02/1987, p. 134
19 -
Jean-Paul
II, ibid.
20 -
Jean-Paul II, ibid., p. 133.
21
-
Jean-Paul
II, Tertio
millennio adveniente, n°6.
22 -
Jean-Paul
II, Ut unum sint n°42 : « L’usage tend à substituer
aujourd’hui des termes plus aptes à exprimer la profondeur de la
communion - liée au caractère baptismal -, que l’Esprit nourrit
malgré les ruptures historiques et canoniques. »
23
-
Conc. œcum. Vat.
II, Décr. Unitatis redintegratio, n°3 : « Parmi les éléments ou les biens par l’ensemble
desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même
beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles
de l’Église catholique. […] Tout cela, qui provient du Christ et
conduit à lui, appartient de droit à l’unique Église du
Christ. » C’est en raison de cette affirmation
que LG n°8 dit de l’Église du Christ qu’elle “subsiste dans”
l’Église catholique, et non qu’elle “est” l’Église catholique.
Cf. commentaire du cardinal Ratzinger, L’ecclésiologie de
la Constitution conciliaire Lumen Gentium, conférence du
27/02/2000
, DC n°2223 du
02/04/2000, p. 310-311 : « Par cette expression,
le Concile se différencie de la formule de Pie XII qui avait dit dans son
Encyclique Mystici Corporis: l’Église catholique “est” (est, en latin) cependant l’unique corps mystique du Christ. […] La différence entre “subsistit” et “est” renferme le drame de
la division ecclésiale. Bien que l’Église soit seulement une et
subsiste en un unique sujet, des réalités ecclésiales existent en
dehors de ce sujet : de véritables Églises locales et diverses
Communautés ecclésiales. »
24
-
Cette affirmation découle
directement de la manière dont Lumen Gentium (n°7 et 8) présente
l’Église. Jusque là, le Magistère la tirait de l’analogie paulinienne
selon laquelle l’Église est le corps du Christ ; corps, donc
visible : « Parce qu’elle est un corps, l’Église est visible à nos
regards. » (Léon XIII, Satis cognitum, DzH 3300). Or le concile
refuse de faire ce lien : il traite séparément de l’Église corps du
Christ (LG, n°7) et de la visibilité de l’Église
catholique (LG, n°8). C’est laisser entendre que l’Église corps du Christ [l’Église
du Christ] n’est pas de soi quelque chose de visible. Certes, LG n°8
affirme l’union nécessaire de l’Église du Christ et de l’Église
organique : « La société douée
d’organes hiérarchiques [Église catholique] et le Corps mystique du
Christ [Église du Christ], l’assemblée visible [Église
catholique] et la communauté spirituelle
[Église du Christ], l’Église de la terre [Église catholique] et
l’Église si riche en biens célestes [Église du Christ], ne
doivent pas être considérés comme deux réalités, mais forment une
seule réalité complexe. » Mais cette affirmation n’est pas
suffisante : l’union de deux choses distinctes – l’Église du
Christ et l’Église organique – n’est pas l’affirmation de
l’unité propre à l’Église. Cette unité est au contraire refusée,
lorsqu’il est dit de l’Église du Christ qu’elle « subsiste dans l’Église catholique » : le rapport de contenant à contenu n’est
pas celui de l’identité, surtout lorsqu’il est affirmé que l’Église du Christ se rend présente de manière agissante ailleurs
que dans ce contenu parfait qu’est l’Église catholique. En conséquence
de cette affirmation et dans la
suite de LG n°15, Jean-Paul II affirme souvent que le baptisé, quelle
que soit son appartenance ecclésiale est et demeure uni au Christ,
incorporé à lui. Cette théorie affirmant l’intériorité de
l’Église du Christ est tellement répandue que des
cardinaux aussi différents que J. Ratzinger et W. Kasper la rappellent
comme une évidence : « “L’Église se réveille dans les âmes”
: Cette phrase de Guardini avait été longuement mûrie. En effet, elle
montra que l’Église était finalement reconnue et vécue comme
quelque chose d’intérieur, qui n’existe pas face à nous comme
une institution quelconque mais qui vit en nous-mêmes. Si,
jusqu’alors, l’Église avait été considérée tout d’abord comme
une structure et une organisation, on prit finalement conscience que
nous étions nous-mêmes l’Église. Elle était beaucoup plus
qu’une organisation : elle était l’organisme de l’Esprit Saint, quelque
chose de vital, qui nous saisit tous dans notre intimité. Cette
nouvelle conscience de l’Église trouva son expression linguistique
dans le concept de “corps mystique du Christ” » (J. Ratzinger, L’ecclésiologie
de Vatican II, conférence donnée le 15/09/2001 à l’occasion de
l’ouverture du Congrès pastoral du diocèse d’Aversa) ; « La véritable
nature de l’Église – l’Église en tant que Corps du Christ – est
cachée, et elle n’est saisissable que par la foi. Mais cette nature
saisissable uniquement par la foi, s’actualise sous des formes
visibles. » (W. Kasper, L’engagement œcuménique de l’Église
catholique, conférence du 23/03/2002 à l’assemblée générale
de la fédération de France, Œcuménisme informations n°325 de mai
2002 et 326 de juin 2002.
25
-
“Pour le moins”
: Karol Wojtyla est allé en effet beaucoup plus loin, à l’occasion
de la retraite qu’il a prêchée au
Vatican
alors qu’il n’était que
cardinal : « Dieu de Majesté infinie ! le trappiste ou le chartreux
confesse ce Dieu par toute une vie de silence. C’est vers lui que se
tourne le bédouin pérégrinant dans le désert quand vient l’heure
de la prière. Et ce moine bouddhiste se concentre dans sa contemplation
qui purifie son esprit en l’orientant vers le Nirvana : mais est-ce
seulement du côté du Nirvana ? […] L’Église du Dieu vivant réunit justement en elle ces gens qui de
quelque manière participent à cette transcendance à la fois
admirable et fondamentale de l’esprit humain. » (Karol Wojtyla, Le signe de contradiction, Ed. Fayard 1979, p. 31-32)
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26 -
Jean-Paul II, Ut unum
sint, n°42.
27 -
Jean-Paul
II, ibid.
28 -
Jean-Paul
II, Ut unum sint, n°9.
29
-
Congrégation pour
la Doctrine de la foi, Lettre sur
certains aspects de l’Église
comprise
comme Communion,
n°6,
DC n°2055 du
02/08/1992
, p. 730.
30 -
Cf. Directoire pour l’application
des principes et des normes sur l’œcuménisme
(approuvé par Jean-Paul II le
25/03/1993), n°13, DC n°2075 du 04/07/1993, p. 611.
31 -
Jean-Paul II,
Ut unum sint,
n°11.
32 -
Conc. œcum. Vat. II, Décr. Unitatis
redintegratio, n°3
: « Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le baptême,
se trouvent dans une certaine communion,
bien qu’imparfaite, avec
l’Église catholique. Assurément, des divergences variées entre eux
et l’Église catholique sur des questions doctrinales, parfois
disciplinaires, ou sur la structure de l’Église, constituent nombre
d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine
communion ecclésiale. Le mouvement œcuménique tend à les surmonter. » Voilà pour ce qui
concerne la communion visible partiellement brisée ; mais le décret
ajoute aussitôt, afin de montrer la permanence de la communion
invisible : « Néanmoins,
justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et
les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme
des frères dans le Seigneur. [ …] De même, chez nos frères séparés
s’accomplissent beaucoup d’actions sacrées de la religion chrétienne
qui, de manières différentes selon la situation diverse de chaque Église ou communauté, peuvent certainement produire effectivement la
vie de la grâce, et l’on doit reconnaître qu’elles donnent
accès à la communion du salut. »
33 -
Cf.
Jean-Paul II, Ut
unum sint, n°56,
57 et 60; Allocution
dans la basilique Saint-Nicolas de Bari du
26/02/1984
, DC n°1872
du
15/04/1984
, p. 414
;
Déclaration
christologique commune entre l’Église catholique et l’Église
assyrienne d’Orient,
DC
n°2106 du 18/12/1994, p. 1070 ; Homélie prononcée en présence du
Patriarche œcuménique de Constantinople Dimitrios 1er le
29/ 11/1979 à Istanbul, DC n°1776 du 16/12/1979, p. 1056 : « Je vous
invite à prier avec ferveur pour la pleine communion de nos Églises.
[…] Suppliez le Seigneur pour que nous-mêmes, pasteurs des Églises-sœurs,
nous soyons les meilleurs
instruments en cette heure de l’Histoire, pour régir ces Églises,
c’està-dire pour les
servir comme le veut le Seigneur, et servir ainsi l’unique Église qui
est son Corps. »
34 -
Cf.
Jean-Paul II, Tertio millennio adveniente, n°16.
35 -
Jean-Paul
II, Discours à la délégation de la Fédération luthérienne
mondiale du 09/12/1999, DC n°2219 du 06/02/2000, p. 109.
36 -
Conc.
œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen Gentium, n°8 ; Décr.
Unitatis
redintegratio, n°4
; Décl. Dignitatis humanæ, n°1.
37 -
Cardinal
Ratzinger, L’ecclésiologie de la Constitution conciliaire Lumen
Gentium, conférence
du 27/02/2000, DC n°2223 du 02/04/2000, p. 311.
38 -
Conc.
œcum. Vat. II, Décr. Unitatis redintegratio, n°3 ; Jean-Paul
II, Ut unum
sint, n°11.
39
-
Jean-Paul II, Tertio
millennio adveniente, n°37.
40 -
Jean-Paul II, Ut unum sint, n°77.
41 -
On entend par “œcuménisme de retour” celui rappelé
par Pie XI dans l’encycl.
Mortalium animos:
« Pousser au retour des dissidents à la seule véritable
Église du Christ, puisqu’ils ont eu jadis le malheur de s’en séparer.
Le
retour à l’unique véritable Église, disons-Nous, bien visible à tous les regards. »
42 - Déclaration
de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique
entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe
du
23/06/1993, dite “de Balamand” , n°2
et 22, DC n°2077 du 01-15/08/1993, p. 713. Cette citation ne
concerne que l’uniatisme, mais le cardinal Kasper aura des formules
systématiques : « Le vieux concept d’œcuménisme du retour a été
remplacé aujourd’hui par celui d’itinéraire commun, qui dirige les
chrétiens vers le but de la
communion ecclésiale comprise comme unité dans la diversité réconciliée
» (W. Kasper, La Déclaration commune sur la doctrine de la
justification : un motif d’espérance, DC n°2220 du 20/02/2000,
p. 167).
43
-
Conc. œcum. Vat.
II, Décr. Unitatis redintegratio, n°3 : « Apparurent certaines
scissions, […] naquirent des dissensions plus graves, […] parfois
par la faute des personnes de l’une ou de l’autre partie ». D’où
la nature de la conversion réclamée par
UR
, n°7 : «
Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure.
En effet, c’est du renouveau de l’âme, du renoncement à soi-même
et d’une libre effusion de la charité que partent et mûrissent les désirs
de l’unité. » Cf. Cardinal Kasper,
Conférence au Kirchentag œcuménique
de Berlin
,
DC
n°2298 du 07-21/09/2003 :
« “Convertissez-vous”. Il n’est aucun rapprochement œcuménique
sans conversion et sans renouvellement. Non la conversion
d’une confession à l’autre. Il peut y en avoir dans des cas
particuliers, et si c’est pour des raisons de conscience, cela
mérite respect et considération. Mais il n’y a pas que les autres à
devoir se convertir, la conversion commence par soi-même. Tous doivent
se convertir. Nous ne devons donc pas demander d’abord “Qu’est-ce
qui ne va pas avec l’autre ?” , mais “Qu’est-ce qui ne va pas
chez nous ; par où commencer, chez nous, le ménage ?” »
44 -
Jean-Paul
II, Ut unum sint, n°11 ; cf. n°34.
45 -
Conc.
œcum. Vat.
II, Const. dogm. Lumen Gentium, n°13 ; cf. Jean-Paul II, Ut
unum sint, n°28.
46 -
Jean-Paul II, Ut unum sint, n°57.
47 -
Jean-Paul II, Allocution dans la basilique Saint-Nicolas de Bari du
26/02/ 1984, prononcée en présence
du métropolite de Myre, Konstantinidis (patriarcat de
Constantinople), DC n°1872 du 15/04/1984, p. 414.
48 -
Ibid.
49 -
Jean-Paul
II, Angélus du 17/01/1982, DC n°1823 du 07/02/1982, p. 144.
50 -
A. Bugnini, Modifications aux oraisons solennelles du Vendredi Saint, DC
n°1445 du
04/03/1965
, col.
603. Cf. G. Celier, La
dimension œcuménique de la réforme liturgique, Editions Fideliter, 1987, p. 34.
51 -
Cf.
l’Osservatore
Romano
italien
du 26/10/2001.
Admission
à l’Eucharistie entre l’Église chaldéenne et l’Église assyrienne
d’Orient,
Note
et orientations du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité
des chrétiens, DC n°2265, du 03/03/2002, p. 214.
52 -
Jean-Paul II, Ut unum sint, n°38.
53 -
Jean-Paul II, citant dans Ut unum sint, n°38 la Déclaration Mysterium Ecclesiæ de la Congrégation pour la Doctrine de la
Foi (DC n°1636 du 15/07/1973, p. 267).
54 -
Déclaration
christologique commune entre l’Église catholique et l’Église
assyrienne d’Orient, DC
n°2106 du
18/12/1994
, p. 1069.
55 -
Jean-Paul
II, Ut unum sint, n°38.
56 -
DC n° 2106 du 18/12/1994, p. 1069.
Cf.
DzH, n°251d et 252.
57 -
Déclaration
commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église
catholique, n°7 (cf.
n°5, 13, 40 à 42), DC n°2168 du
19/10/1997
, p. 875.
58 -
W.
Kasper, La Déclaration commune sur la doctrine de la justification :
un
motif d’espérance, DC n°2220 du 20/02/2000, p. 172.
59 -
Jean-Paul
II, Ut unum sint, n°95.
60 -
La
primauté du successeur de Pierre dans le mystère de l’Église,
réflexions de la
Congrégation pour la Doctrine de la Foi, DC n°2193 du 06/12/1998 p.
1018.
61 -
Léon
XIII, Lettre apostolique Apostolicæ curæ du
13/09/1896
.
62 -
W.
Kasper, May They All Be One ? But how ? A Vision of Christian Unity
for the Next Generation, The Tablet du
24/05/2003
.
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