le sacerdoce d'après pie xii
Exhortation apostolique Menti Nostræ, extraits
« Le prêtre est comme un autre Christ, puisqu’il est marqué du caractère indélébile qui fait de lui une image vivante du Sauveur ; le prêtre représente le Christ qui disait : Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie (Jn 20, 21) ; Qui vous écoute, m’écoute (Lc 10, 16). Préparé par l’appel divin à ce très saint ministère, il est établi pour les hommes en ce qui regarde le culte de Dieu, afin d’offrir des oblations et des sacrifices pour les péchés (He 5, 1). C’est à lui donc que doit aller qui veut vivre de la vie du divin Rédempteur et recevoir force, soulagement et aliment de l’âme ; et c’est encore à lui que doit demander les remèdes opportuns celui qui s’efforce de revenir des mœurs dépravées à une vie fructueuse. En conséquence, tous les prêtres peuvent s’appliquer en toute justice les paroles de l’Apôtre : Nous sommes ouvriers avec Dieu (1 Co 3, 9).
« Cette haute dignité exige des prêtres qu’ils correspondent avec la fidélité la plus grande à leur très grave mission. Destinés à procurer la gloire de Dieu sur la terre, à alimenter et à accroître le Corps mystique du Christ, il est absolument nécessaire qu’ils excellent de telle sorte par la sainteté de leurs mœurs que par eux se répande partout la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 15). […]
« Ainsi ornés de cette éminente vertu exigée par votre dignité, travaillez à l’achèvement de l’œuvre de la Rédemption, mission à laquelle vous destine l’ordination sacerdotale. Tel est le programme que vous avez librement et spontanément accepté ; soyez saints, parce que, comme vous le savez, votre ministère est saint ! […]
« Au Calvaire, le côté du divin Rédempteur a été transpercé, son Sang très saint a coulé et s’est répandu comme un torrent débordant à travers les siècles pour purifier les consciences des hommes, expier leurs péchés et leur distribuer les trésors du salut. Les prêtres sont destinés à l’exécution de ce sublime office. Ils ont, en effet, la charge, non seulement de ménager et de communiquer la vie et la grâce du Christ aux membres de son Corps mystique, mais aussi de veiller au développement du même Corps mystique, car ils doivent sans cesse donner à l’Église de nouveaux enfants, les éduquer, les instruire, les guider. Ils sont les dispensateurs des mystères de Dieu (1 Co 4, 1) : aussi doivent-ils servir Jésus-Christ avec une parfaite charité et consacrer toutes leurs forces au salut de leurs frères. Ils sont les apôtres de la lumière : aussi doivent-ils éclairer le monde de la doctrine de l’Évangile et être eux-mêmes bien affermis dans la foi chrétienne pour pouvoir la communiquer aux autres et suivre les exemples et les enseignements du divin Maître, afin de pouvoir ramener à lui toutes les âmes. Ils sont les apôtres de la grâce et du pardon : ils doivent se consacrer entièrement à procurer le salut des hommes et les attirer à l’autel de Dieu pour qu’ils puissent s’y nourrir du Pain de la vie céleste. Ils sont les apôtres de la charité : ils doivent donc promouvoir les œuvres et les institutions de charité, d’autant plus urgentes aujourd’hui que les besoins des pauvres ont grandi démesurément. […]
« Que le prêtre se souvienne cependant que son ministère si important sera d’autant plus fécond qu’il sera lui-même plus étroitement uni au Christ et qu’il sera guidé dans l’action par l’esprit du Christ. Alors son action sacerdotale ne se réduira pas à une activité purement naturelle qui fatigue le corps et l’esprit, et l’expose, lui prêtre, à des déviations du droit chemin, nuisibles tant à lui qu’à l’Église ; mais son travail et ses constants efforts seront soutenus par la grâce que Dieu refuse aux orgueilleux, mais qu’il accorde volontiers et largement à ceux qui, travaillant humblement dans “la vigne du Seigneur” ne se cherchent pas eux-mêmes ni leur propre bénéfice (cf. 1 Co 10, 33), mais uniquement la gloire de Dieu et le salut des âmes. […]
« Quand l’apostolat est ainsi ordonné et inspiré, il est impossible que le prêtre n’attire pas vivement à lui, par une force divine, toutes les âmes. S’il reproduit en lui et dans ses mœurs comme la vivante image du Christ, tous ceux qui se tournent vers lui comme vers un maître reconnaîtront, sous l’effet d’une intime persuasion, que les paroles qu’il dit ne sont pas les siennes, mais celles de Dieu, et qu’il agit non pas par sa propre force, mais par la force de Dieu. Que celui qui parle dise les paroles de Dieu ; que celui qui exerce un ministère l’exerce par la force reçue de Dieu (1 P 4, 11).
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