un nouveau pape

 

En la personne du cardinal Ratzinger, un nouveau pape a été donné à l'Église. Au-delà des réactions humaines engendrées par l'événement - joie pour beaucoup ou déception pour les autres, espoirs sans doute mais peut-être aussi désillusions - la première attitude profonde qui pour notre part nous habite est un regard de Foi. Oui, à travers cet homme dans l'exercice de ses fonctions voulues par Dieu, l'âme catholique reconnaît le Vicaire du Christ. Regard de foi, donc, en l'incarnation de l'Église, mais aussi en la divinité de son institution.

Toute foi vive ne peut que se doubler d'ESPÉRANCE. Et celle-ci est d'autant plus inébranlable qu'elle est fondée sur les promesses mêmes de Notre-Seigneur Jésus-Christ à son Église - "Les portes ne prévaudront point contre elle" (Mt 16, 18) - plus fortes même que les éventuelles chutes personnelles de Pierre - "Retire-toi de moi, car tu n'as pas l'intelligence des choses de Dieu, tu n'as que des pensées humaines" (Mt 16, 23).

Incarnée, l'Espérance chrétienne devient aussi espoir humain, bien que ce dernier soit pour sa part plus aléatoire. Le nôtre n'en est pas pour autant inexistant lorsqu'il s'agit de Benoît XVI. Après quarante ans de crise profonde au sein de l'Église, son regard pénétrant comme son langage sans fard peuvent être un atout précieux pour l'Église. Pourtant, en sa dimension humaine, notre espoir n'en reste pas moins limité : s'il semble que le cardinal Ratzinger soit fort averti de l'état dramatique de la liturgie, on sait aussi son attache inconditionnelle au concile Vatican II, attache qui, hélas, vient d'autant limiter la complétude de ses analyses. Mais tout cela est l'aspect humain des choses, et n'en atténue pas pour autant notre espérance surnaturelle. L'Église dont le cardinal Ratzinger reconnaissait qu'elle prenait "l'eau de toutes parts" (chemin de croix de vendredi saint) a besoin de renouer avec sa Tradition oubliée, et nous sommes persuadés que le Ciel lui accordera cette grâce.

Pour l'heure, c'est surtout la charité filiale que nous voulons exercer à l'endroit de notre pasteur suprême. Notre prière quotidiennement l'accompagne, afin qu'en ces périodes aussi troublées que difficiles pour l'Église, l'Esprit-Saint lui communique toujours plus ses grâces de lumière ainsi que la force aux décisions salutaires. Car finalement, qu'attend-on d'un pape, sinon que, sous l'action de ce même Esprit, il agisse en tout comme vicaire du Bon Pasteur, de Celui qui pour l'homme s'est fait Voie, Vérité et Vie ?

 

Abbé Régis de CACQUERAY