Décès de Jean-PauL II
L’heure est à la prière
Le deuil marque ces lignes. Elles sont écrites au lendemain de la mort de Jean-Paul II, et sans doute vous parviendront-elles alors que son successeur sur le chaire de Pierre aura été élu. L’heure n’est pas aux considérations, mais à la prière.
A la prière pour le souverain pontife défunt en tout premier lieu. En cette heure où tout homme se présente devant Dieu, chargé de ses mérites mais aussi de ses responsabilités, nous ne pouvons qu’invoquer le Père des miséricordes pour le repos de l’âme de ceux qui nous ont quittés. C’est ainsi qu’en chacune des maisons de la Fraternité Saint-Pie X, une messe de Requiem a été célébrée pour le pontife défunt. Vous trouverez ci-après le communiqué de presse que notre Fraternité a fait paraître le soir même de la mort de Jean-Paul II.
Bien évidemment, notre prière va encore au collège cardinalice, afin que de son sein sorte le saint pape dont l’Église a besoin. Plus que jamais en ces temps d’ « apostasie silencieuse » (Jean-Paul II, Ecclesia in Europa), il faut à notre Église catholique des ministres clairs et fidèles en leur doctrine qui, loin de prêcher des conceptions personnelles, se font les humbles dispensateurs d’une vérité qui n’est pas leur ; des ministres enflammés d’une charité aussi respectueuse d’autrui que désireuse de l’amener à la vérité tout entière, c’est-à-dire à l’Église catholique, unique gardienne de la Révélation divine, unique dispensatrice des grâces de la Rédemption ; des ministres enfin dont la vie quotidienne, toute de vertu, ne soit plus qu’un long rayonnement de la Rédemption, appliquée quotidiennement sur nos autels.
Fidélité dans l’enseignement et la transmission de la foi ; zèle éclairé de la charité ; intégrité de la vie personnelle : c’est en ces trois domaines que chacun d’entre nous, ministres de Dieu, serons jugés au soir de la vie. L’Écriture ne l’a que trop dit : de l’intendant des mystères de Dieu, il sera demandé d’être trouvé fidèle (1 Co, 4, 2), pasteur éclairé qui mène les brebis aux verts pâturages (Jn 10, 9) plutôt que de ces aveugles (Mt 15, 14) qui disent à la brebis égarée « paix, paix, là où il n’y a pas de paix » (Ez 13, 10), ministres intègres enfin, c’est-à-dire tout à l’opposé de ceux qui disent et ne font pas (Mt 23,3). Puissent ces circonstances douloureuses pour l’Église entière nous inciter chacun à nous considérer en vérité sous le regard du Seigneur.
Abbé Régis de CACQUERAY