PRÉSENCE, SACRIFICE, PROPITIATION
- Le visage eucharistique du Christ -
Pour que cette année soit eucharistique, il importe de faire siennes, pour les communiquer, les grandes richesses d'amour contenues dans ce sacrement. Or, l'amour du Christ auquel nous communions peut se décliner en trois mots : présence, sacrifice, propitiation.
PrÉsence
- Présence, parce que l'amour réclame la communauté de vie ; aussi, par la consécration, le Christ a-t-il voulu être présent au milieu de nous avec son Corps et son Sang, son âme et sa divinité. A la suite de l'Incarnation, le mystère eucharistique est donc un mystère d'amour divin qui se rend présent aux hommes, pour être partagé.
- Le document de base du 48e congrès eucharistique international (Guadalajara 2004) explique : « Pouvons-nous réellement rencontrer Jésus dans l'Eucharistie ? Dès la dernière Cène, l'Église croit en la Présence réelle du Corps et du Sang du Christ, avec son âme et sa divinité, dans les espèces du pain et du vin [...] En recueillant une série de témoignages de la Tradition, le Catéchisme de l'Église catholique nous enseigne que le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l'Eucharistie au-dessus de tous les sacrements et en fait comme la perfection de la vie spirituelle et la fin vers laquelle tendent tous les sacrements » (n° 10 et 11).
sacrifice
- Plus qu'une présence, la Messe est une action. La Messe renouvelle l'acte d'amour le plus total que le Christ ait posé ici-bas, celui de son sacrifice : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15, 13). Amour radical par lequel le Christ se donne au Père, amour total avec lequel il se livre pour nous : c'est cela que le Christ réalise dans l'Eucharistie.
- Le document de base du 48e congrès eucharistique international explique : « Jésus, dans l'Eucharistie, est la victime que le Père nous offre pour qu'elle soit immolée ; une victime qui se livre pour nous purifier et nous réconcilier avec Lui. Ce don en sacrifice est préfiguré dans l'Ancien Testament par le sacrifice d'Abraham (Gen. 22, 1-14) [...] Le caractère sacrificiel de l'Eucharistie est exprimé par les paroles mêmes de l'institution : "le corps qui va être donné" et "le sang qui va être versé" (cf. Le 22, 19-20 ; CEC 1365). Le sacrifice du Christ et celui de l'Eucharistie sont un seul et unique sacrifice : la victime est la même, ils ne diffèrent que dans la manière de l'offrir (cf. Trente, DH 1743 ; CEC 1367). Le sacrifice du Christ est aussi le sacrifice des membres de son Corps, "la vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à sa totale offrande, et acquièrent ainsi une valeur nouvelle" (CEC 1368). » (n° 34).
propitiation
- Le Christ nous a ainsi aimés « alors que nous étions morts par nos péchés » (Eph. 2, 5). Cela ne rend que plus admirable son amour : « C'est à peine si quelqu'un meurt pour un juste. Dieu, Lui, a fait éclater sa charité pour nous puisque le Christ est mort pour nous alors que nous étions pécheurs » (Rom. 5, 8). C'est donc dans l'aspect propitiatoire du sacrifice du Christ que se situe le sommet d'amour du sacrement Eucharistique. D'où l'attachement si profond de l'Église pour cette vérité.
- Saint Paul décrit cette "folie" de l'amour divin pour nous : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; ils sont justifiés par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est Lui que Dieu avait destiné comme victime propitiatoire » (Rom. 3, 23-24). Et cela, continue saint Paul, « afin que Dieu manifeste sa justice, lui qui, au temps de la patience, a laissé impunis les péchés passés, afin de manifester sa justice dans le temps présent. De la sorte, Il est reconnu juste, et justifiant celui qui croit en Jésus-Christ » (Rom. 3, 25).
- Loin d'être simplement "justifiant" pour nous, le sacrifice de la Messe est aussi "juste", en ce sens qu'il accomplit la justice divine qui ne peut que condamner le péché. Il est offert chaque jour afin que «sa vertu salutaire [soit] appliquée à la rémission des péchés que nous commettons chaque jour » (cf. Trente, DH 1740).
Délaisser l'un de ces trois aspects,
c'est méconnaître l'amour du Christ,
dont l'Eucharistie est le sacrement par excellence.