Dossier sur la laïcité
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Loin de tout complexe, il importe de poser en pleine lumière le problème de la laïcité. Il est tout à l’honneur du christianisme : c’est lui qui bien vite a su distinguer le pouvoir religieux du pouvoir temporel. Synthétisée par saint Thomas d’Aquin, cette distinction nous sera rappelée dans le premier pan de ce dossier, Les fondements chrétiens, distinction et harmonie des deux pouvoirs.
Certes, l’histoire a par moments connu certaines confusions. Mais, ainsi que le rappelle le désormais Mgr Anatrella, « ce n’est pas tant le pouvoir religieux qui a voulu étendre son emprise sur le pouvoir temporel – même si parfois l’Eglise a dû organiser la vie de la cité avant de remettre ce pouvoir à ceux qui devaient l’exercer – mais bien plutôt le pouvoir politique qui a été, à maintes reprises, jaloux du pouvoir religieux. » (Rencontre mondiale des JMJ, Rome, le 10/04/03). L’exemple français de la laïcité est typique, et oblige à poser une question : La laïcité “à la française” : neutralité religieuse, ou neutraliser la religion ?
Il faut donc le reconnaître, toujours avec Mgr Anatrella : « La laïcité s’est développée contre le rôle et l’influence de l’Eglise. Il fallait exclure le religieux du champ social et le limiter à une affaire privée qui relève de la conscience individuelle : c’est une façon de le mutiler » (ibid.). Pourtant, il semble que depuis quelques décennies, les relations jusque là conflictuelles entre l’Eglise à l’Etat laïc se sont apaisées, au point de trouver un certain équilibre, de redonner vie à une certaine collaboration. Faute de partager une vision globale du monde et de la destinée humaine, l’Etat aconfessionnel et l’Eglise n’auraient-ils pas une éthique commune : les droits de l’homme, fondateurs de l’Etat moderne, et que l’Eglise semble désormais reconnaître comme siens ? En un mot, en un titre, Aux frontières de l’Eglise et de la Cité, les droits de l’homme ?
C’est à la lumière de cette longue approche que s’éclaireront les récents faits relatifs à la laïcité,qu’ils soient français ou européens. En ce dossier, nous ne nous arrêterons qu’au plus symptomatique d’entre eux, Les signes religieux à l’école : l’enjeu d’une loi.
Sommaire, ce dossier proposera en outre, au fil de ses pages, quelques références d’ouvrages qui permettront d’en savoir plus. Chacun de ces livres est disponible au secrétariat de la Lettre à nos frères prêtres.
Abbé Patrick de La Rocque