transmettre
Il est un mot qui, à lui seul, résume peut-être tout notre idéal missionnaire : transmettre. Nous savons combien cette expression était chère à saint Paul. Il y trouvait son unique titre de gloire, souvent revendiqué : « Je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés, qu 'il a été enseveli, qu'il est ressuscité le troisième jour » (1 Co 15, 3). Ce bref résumé des vérités constitutives de la foi chrétienne, l'apôtre des nations le transmet intègre, parce qu'il en sait toute la nécessité : « Par lui, vous serez sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai prêché. Sinon, vous aurez cru en vain. » (1 Co 15, 2). Plus qu'une simple croyance subjective, la foi est aussi selon saint Paul adhésion aux vérités que nous révèle le Christ. Trésor précieux qui nous est confié, et que le prédicateur garde intact pour le transmettre sans fard : « Garde le dépôt. Évite les profanes nouveautés et les paroles fausses, les arguties d'une pseudo-science. Pour l'avoir professée, certains se sont égarés loin de la foi » (1 Tim 6, 20).
Prêtres, apôtres en charge de transmettre la foi, il vous est certainement douloureux d'entendre dire que « la foi ne se transmet plus, et ne se transmettra plus par héritage dans les années à venir » (J. Toussaint, vicaire général des missions de France). Ce même ecclésiastique poursuit : « La foi retrouve son aspect d'acte personnel, libre ». Est-ce à dire que désormais, la foi s'acquiert sans qu'il y ait transmission ? Qu'elle n'est plus reçue par la médiation d'un autre, mais seulement découverte personnelle ? La question est grave, de par son enjeu : elle remet en cause l'une des trois fonctions essentielles du sacerdoce ministériel, l'enseignement. Elle n'est pas soulevée par un simple vicaire général, mais explicitement posée par la conférence épiscopale de France. Elle est en effet la trame du document : Aller au cœur de la foi, destiné à baliser les pistes de la catéchèse de demain.
A la fin dudit document, la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat nous invite à lui écrire pour faire part des réflexions que nous inspire cet instrument de travail. C'est avec vous qu'en tout premier lieu nous voudrions en deviser ici ; avec vous qui chaque jour entendez résonner l'ordre du Christ : Allez enseigner toutes les nations (Mt 28, 19), avec vous qui n'avez rien de plus à cœur que de transmettre la foi salvifique à tous ceux qui vous sont confiés. Avec vous, parce qu'ensemble, nous ne voulons pas que notre pays se paganise et perde ce qui a fait sa beauté et son histoire : la foi catholique.
Abbé Régis de CACQUERAY