de l’enseignement au dialogue

 

S’il n’était convaincu que l’Église a reçu les promesses de vie éternelle, le prêtre d’aujourd’hui aurait bien des motifs de vaciller dans sa foi. Comment ne pas constater la terrible régression de la vraie religion, tandis que triomphe l’hédonisme des sociétés occidentales ou l’Islam conquérant ? La déchristianisation massive de notre pays est là, devant nous, et véhicule des questions graves : sommes-nous demeurés fidèles à la mission que Notre-Seigneur a confiée à ses apôtres et nous a laissée : « Allez par le monde prêcher l’évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera  condamné » (Mc 16, 15-16) ?

            Pour être la Vérité même qui ne peut « ni se tromper ni nous tromper », Notre-Seigneur a voulu que le lien fondamental unissant son Corps Mystique avec le monde soit celui de l’enseignement, afin d’arracher les hommes aux ténèbres de l’erreur et des faux cultes. Certaine de la Vérité qu’elle enseigne pour l’avoir reçue du Verbe, l’Église n’a donc cessé d’envoyer en mission les meilleurs de ses fils afin de pratiquer la vraie charité, qui n’est autre que la vérité en action.

            L’effondrement de l’enseignement ne peut être étranger à cette déchristianisation si déplorable. Lorsque les prédicateurs se mettent à douter des vérités dont ils sont dépositaires, lorsqu’ils n’estiment plus que l’Église est l’arche unique de salut, comment porteraient-ils encore, avec cette conviction surnaturelle qui convertit, la Foi des apôtres ? A cet endroit, il est symptomatique que le mot enseignement ait cédé le pas à celui de dialogue. En vingt siècles de foi, de textes magistraux, d’encycliques et de traités de théologie, jamais ce mot n’avait figuré au répertoire des termes propres utilisés par l’Église pour définir sa mission. Désormais, l’“esprit” du dernier concile nous a tournés vers les autres religions, sans esprit de prosélytisme surtout, dans cette attitude d’échange de richesses spirituelles, comme si les autres religions suscitées par le Diable avaient quelque chose à apporter à la doctrine parfaite de l’Église catholique. N’est-ce pas oublier que si les fausses religions ont gardé des parcelles de vérité, c’est afin de mieux séduire les hommes ?

« Dialoguer » avec leurs adeptes ne peut être fait charitablement qu’avec l’unique motif de les ramener de leurs erreurs vers l’Église catholique. N’est-ce pas dans cette seule intention que nous devons exercer notre ministère pastoral ?

 

Abbé Régis de Cacqueray-Valménier

Supérieur pour la France

de la Fraternité Saint-Pie X