Autour de l’ouvrage

Le problème de la réforme liturgique

 

Homélie de Mgr Rouet, évêque de Poitiers

Réaction de l’abbé de La Rocque

 

Nombreuses sont les réactions suscitées par l’étude Le problème de la réforme liturgique, où la Fraternité Saint-Pie X analyse la théologie du mystère pascal sous-jacente au missel de Paul VI. Faute de pouvoir ici les analyser toutes, nous nous arrêterons à l’intervention que fit Mgr Rouet, évêque de Poitiers, à l’occasion de la messe chrismale. Il n’aborde qu’un des points soulevés par l’ouvrage de la Fraternité Saint-Pie X, la question du sacrifice. Nous citerons l’essentiel de cette homélie, (à gauche), tout en laissant réagir en parallèle l’abbé P. de La Rocque (à droite).

 

Mgr Rouet

Revenir à l’essentiel

Au cœur du mystère pascal

 En remettant en honneur très vigoureusement la notion centrale du mystère pascal, le Concile Vatican II nous ramène avec générosité aux enseignements les plus constants, les plus clairs et les plus forts des pères de l'Église. Le Concile, pratiquement dans tous ses textes, parle du mystère pascal comme étant au cœur même de la vie chrétienne. […] Par là, notre Église revient à sa source, retrouve ce qui a été sa richesse la plus splendide pendant sa fondation apostolique, pendant l'établissement des premières réflexions théologiques qui sont la base, encore actuelle, de toute réflexion vraiment fructueuse, dans le peuple de Dieu. La tradition ne s'arrête pas aux décennies qui nous ont précédés, ni même à l'époque de la Réforme. La véritable tradition est cet esprit et cette source qui remontent par les apôtres au Christ lui‑même, la source glissant toujours au‑delà de ce que nos mains peuvent en saisir.

En parlant du mystère pascal comme étant l’expression la plus juste de notre foi, que veut dire exactement le concile Vatican II ? […] « Ceux que le Christ a justifiés, il ne les a pas simplement ajustés à son pardon, mais il les a également glorifiés ». Ce que le Christ a en vue ce n'est pas simplement un retour à ce que nous étions [avant le péché], ce qui serait parfois bien lassant avouons‑le, et qui se retrouve dans d'autres mythologies. Ce que le Christ a en vue est la transfiguration profonde de notre humanité. Transfiguration de ce monde, car « la création, comme dit Paul aux Romains, gémit dans l'attente de sa véritable naissance ». Nous sommes une terre en gésine, nous sommes une terre en train d'accoucher d'un monde que Dieu appelle de tous ses vœux. Mais également transfiguration pour nous‑mêmes […] Le mystère pascal a pour objet de nous transfigurer à l'image du Fils ; d'être changé de jour en jour, grâce à l'action de l'Esprit Saint en une image de plus en plus fidèle au Fils unique de Dieu, Jésus‑Christ, notre Seigneur.

 Or, on ne peut obtenir cette grâce de la transfiguration que si nous acceptons de mourir à nous‑mêmes, que si nous acceptons de nous laisser totalement saisir par le Christ. Rappelez‑vous, frères prêtres, ce moment où vous étiez, pour la prostration, abandonnés comme au tombeau à la volonté de Dieu, ne cherchant plus ce qui vous plaît mais prêts à entendre la voix pour tout appel, même parfois stupéfiant où la mission nous entraînera. […] La mort de Jésus est essentiellement ce renoncement à nos limites, ce renoncement à nos petitesses pour qu'éclate dans une chrysalide divine qui s'ouvrirait pour nous, l'humanité que Dieu désire.

Rappelez‑vous cette position qui a eu cours, en plein Moyen Âge et que l'on apprenait en cachette, à l'époque de nos études : même s'il n'y avait pas eu le péché originel, le Christ se serait incarné, car ce que Dieu désire ce n'est pas simplement le pardon des offenses mais c'est beaucoup plus, l'alliance intime d'une humanité renouvelée entre Dieu le Père, Jésus son Fils uni aux hommes dans l'unique Esprit. C'est l'alliance qui est le but du mystère pascal. […] Il est clair que cette conception est le cœur de la vie chrétienne, que vous mettez en œuvre chaque fois que vous baptisez, que vous célébrez dans l'Eucharistie […]

 C'est le moment d'unir ces trois grandes intuitions de Vatican II dont on voit maintenant combien elles sont lumineuses. C'est parce qu’il y a un mystère pascal qu'il y a un peuple de Dieu. […] S'il y a un mystère pascal, il y a un unique peuple de Dieu. Non pas d'abord une pyramide mais un peuple de frères […] Le mystère pascal fonde l'Église comme peuple de Dieu. Elle fonde le presbytérium. Jamais le Concile Vatican II ne dit « le » prêtre, toujours il dit « les » prêtres. Car le prêtre n'est pas une identité abstraite, homologable à travers tous les pays du monde. Il appartient à un presbytérium concret avec son histoire. On est prêtre à la proportion vraie où on accepte d'être membre d'un presbytérium, où on consent à cette histoire, où on en est le serviteur dans un peuple donné. Tout le reste est une spiritualité désincarnée. C'est ce que nous célébrons dans l’Eucharistie. L'Eucharistie que nous célébrons ensemble. Rappelez‑vous Jean Chrysostome disant à ses fidèles déjà en retard : « Je ne peux pas célébrer sans vous, je ne peux pas commencer sans vous, je ne célèbre pas sans mon peuple ». Car c'est ensemble, comme peuple sanctifié que nous célébrons l'unique Eucharistie.

 Ce serait une réduction, une dégénérescence que d'en rester à ce que trois époques, plutôt sombres pour la théologie, ont dit du sacrifice. Il a fallu l'arrivée tardive dans l'histoire, mais cruelle pour nos pays, de trois épidémies de peste aux XIVe et XVe siècles, en particulier la « grande peste noire », à l'issue de laquelle un certain nombre de nos pays avaient perdu la moitié de leur population, pour que le sacrifice ne soit plus ce qu'Augustin appelait : « l'hommage, l'offrande spirituelle d'une liberté à son Dieu », mais que d'un seul coup le sacrifice ne devienne que la mort. La mort ! Comme si Dieu aimait la mort ! Il a fallu cette sorte de crispation anti‑protestante pour que le sacrifice devienne l'arme de combat : dès lors qu'on ne prononçait pas des mots mortifères, excluants et sanguinolents, c'est comme si on avait trahi la foi. Pardonnez‑moi ce mot cruel que vous trouverez dans Emmanuel Leroy‑Ladurie, « Montaillou, village Occitan », village qui va tomber tout entier dans l'hérésie cathare : « Ils aiment le Christ, ils l'aiment saignant ». C'est atroce ! N'empêche que c'est cette dévotion‑là qui a été assimilée, en un temps d'horreur et de mort, cela se comprend, quand la moitié d'une population meurt de peste, comprenons qu'il n'y a que dans la mort qu'on peut trouver un sens. La crispation anti‑protestante était aussi liée à des œuvres de mort. Nous nous sommes entre‑tués ! Il y a un rapport entre une théologie sacrificielle et prendre les armes. La troisième époque, si noire pour la réflexion chrétienne, est le romantisme et sa douleur « Mais lui aimait souffrir, il a magnifié d'autant plus la souffrance qu'il y prenait son plaisir et y trouvait sa récompense ». Or de ces traditions à courte vue, très typées dans l'histoire de l'Église, il en est résulté la notion d'un sacrifice mutilé, dégénéré, contre laquelle le Concile s'est élevé bien sûr, c'est celle d'un sacrifice lié au manque, à la privation, à la blessure, en un mot à une sorte de masochisme.

 Réfléchissons deux secondes : si nous ne gardons dans l'eucharistie, comme cœur de l'eucharistie, non plus le mystère pascal, mais seulement l'idée du sacrifice du Christ alors il n'y a plus que deux solutions :

- D'un côté cette mort ignominieuse, celle des esclaves, de Jésus en croix, vous allez l'oublier, comme très probablement (n’en déplaise à un texte apocryphe), Pilate a dû complètement oublier qu'un jour il avait abandonné au Sanhédrin un petit agitateur Galiléen…

‑ Ou bien, d'un autre côté, cette mort qui est le signe de toutes nos morts, vous devez la répéter, la redire, la magnifier. Voilà comment le christianisme est parfois devenu une religion qui encensait la mort. Par conséquent, il faut sans arrêt pouvoir la redire et la célébrer. Celui qui célèbre le sacrifice mortel est celui qui a pouvoir sur les autres, sans se rendre compte malheureusement qu'il ressemble plus à un prêtre païen qu'à celui dont parle l'épître aux Hébreux : ce Christ faisant arrêter les sacrifices multiples en une fois par une unique offrande, a mis fin à toutes les répétitions qui sont toujours liées à des affirmations de pouvoir et à des dégénérescences de la pensée.

[…] C'est important de se redire cela à un moment où on est en train de se perdre en dehors de l'essentiel. Ne croyez pas qu'il s'agit là d'un supplément de théologie accidentelle, il y va du cœur de la foi […] Très particulièrement de ce point que Vatican II lui‑même a remis en honneur, la sacramentalité de l'Église. Certes, avec prudence Vatican II dit qu'elle est « comme un sacrement ». Oui! Mais si l'Église n'était pas le corps actif, il n'y aurait pas d'autres sacrements ! Nous ne pouvons pas célébrer l'eucharistie si l'Église n'est pas rassemblée ; nous ne pouvons pas baptiser (ce sera un point important pour notre diocèse), si la communauté n'est pas présente ; nous ne pouvons pas donner le sacrement de mariage si l'Église n'est pas là pour l'accueillir […] Il a fallu le rétrécissement de la crise protestante pour que la validité prenne une telle place alors que célébrer un sacrement c'est montrer que ce peuple-là est transfiguré par la présence de son Seigneur et le service de son Évangile […] L’homme est fait pour la générosité, pour l'espace et la liberté. Si nous avons, nous, comme signe sacramentel de notre présence au milieu des hommes, un seul signe à donner, c'est de mettre au large les hommes et les femmes que nous rencontrons pour qu'ils ne se rétrécissent pas dans des combats inutiles, dans des crispations stériles, dans des impasses et des recherches de vent.

 

Mgr Rouet, évêque de Poitiers

 

Réaction

de l’abbé de La Rocque

 

« Crispations stériles », « impasses », « recherches de vent »… A écouter l’homélie que Mgr Rouet prononçait à Poitiers le 10 avril dernier, aucun mot n’est trop dur pour qualifier l’étude théologique que la Fraternité Saint Pie X communiquait à tous les prêtres de France, Le problème de la réforme liturgique (PRL). Cette agressivité serait négligeable si elle ne visait que l’opuscule précité. Mais, par-delà cette étude, la violence des mots atteint les éléments vitaux de l’Église catholique. Oui, il y va du cœur de l’Église : à l’instar des propos tenus par Bruno Chenu (La Croix du 2 avril 2001), cette homélie dénature la théologie sacrificielle de la messe pour mieux la rejeter dans son ensemble ; dans ses décombres, elle emporte la notion catholique du sacerdoce.

Certes, Mgr Rouet a raison d’insister sur le fait que l’œuvre de la Rédemption ne se limite pas à la simple restauration d’un ordre brisé par le péché. Il est clair pour tous que notre rédemption ne s’arrête pas à la rémission de nos péchés, mais nous mène à la divinisation. Aussi me fait-elle sourire, l’autosatisfaction de ceux qui prétendent avoir redécouvert cette vérité soit disant enfouie par dix siècles de scolastique : cette vérité élémentaire, le missel tridentin me la rappelle chaque jour, en l’une de ces prières que le nouveau missel a supprimées : « O Dieu, qui avez créé la nature humaine d’une manière admirable et l’avez restaurée d’une manière plus admirable encore ». De la même manière, saint Thomas d’Aquin m’enseigne combien la Résurrection et l’Ascension sont également causes de mon salut, évidence que la Fraternité Saint Pie X n’a jamais remise en cause (cf. PRL n° 93).

 La nouveauté dénoncée par Le problème de la réforme liturgique ne porte donc pas sur la prétendue redécouverte de l’objet (“transfiguration”) et du but (“divinisation”) de la Rédemption – ou du Mystère pascal, peu importe le mot, puisque ce n’est pas le mot que la Fraternité Saint Pie X remet en cause (cf. PRL n° 51), mais la théologie qu’aujourd’hui ce mot recouvre.

 L’innovation est ailleurs. Elle éclate à plein dans l’homélie de Mgr Rouet : jamais le saint sacrifice de la messe n’a été dénigré avec des propos aussi déformants qu’offensants. A-t-on déjà vu la théologie sacrificielle de la messe qualifiée de masochisme, ou encore considérée comme cause des guerres de religion ? Curieux jugement de la part de celui qui, en son propre diocèse, rallume les guerres de religion au sein même de son clergé… Ce qui est en fait écarté, refusé, rejeté, c’est l’immolation sanglante du Christ sur la croix, renouvelée chaque jour sur l’autel de manière non sanglante. De cela, on ne veut plus. On estime désormais beaucoup plus à propos d’affirmer : « La mort de Jésus est essentiellement ce renoncement à nos limites, ce renoncement à nos petitesses pour qu'éclate dans une chrysalide divine qui s'ouvrirait pour nous, l'humanité que Dieu désire ». Est-ce cela, le sacrifice qui n’est plus « lié au manque, à la privation, à la blessure » ?

 Sûr de lui, Mgr Rouet croit pouvoir s’appuyer sur les « enseignements les plus constants, les plus clairs et les plus forts des pères de l’Eglise », accusant une « tradition à courte vue » de s’accrocher à ce qu’une « période plutôt sombre pour la théologie » a dit du sacrifice. O sophisme facile, permettant de relativiser un magistère par trop dérangeant ! Veut-on entendre la grande Tradition ? Je la revendique à plein ! Mgr Rouet aime à citer saint Jean Chrysostome ? Et bien lisons-le ! c’est dès les premiers pas du raisonnement que Mgr Rouet s’écarte de celui qu’on a pu appeler le docteur de l’Eucharistie. Si l’évêque de Poitiers ne veut pas considérer le sacrifice comme « lié à la blessure », c’est parce qu’il ne veut pas considérer le point de départ de la transfiguration à laquelle nous sommes appelés : notre état présent de pécheur. Il célèbre l’Eucharistie « comme peuple sanctifié ». Pour sa part, l’illustre évêque de Constantinople n’omet pas de constater que notre condition pécheresse  est le point de départ de notre transfiguration : « Représentez-vous le palais d’un monarque : ceux qui sont enchaînés pour avoir offensé la majesté souveraine se tiennent au dehors ; quelqu’un qui voudra travailler à leur réhabilitation n’ira pas commencer par les introduire, c’est lui plutôt qui sortira pour leur parler, et ce n’est qu’après les avoir rendus dignes de se présenter qu’il les amènera devant le monarque. Voilà ce qu’a fait le Christ : il est sorti pour venir à nous, il nous a transmis les volontés du Roi, et c’est alors qu’il nous a fait franchir l’enceinte, nous ayant purifiés de nos péchés et réconciliés » (3° hom. in Heb.).

Et parce que quotidiennement nous offensons notre Père, chaque jour est renouvelé sur l’autel le sacrifice de purification et de réconciliation. Sacrifice, donc, que la messe, « sacrifice expiatoire », pour reprendre l’expression de Jean Chrysostome ; tel est bien ce qui transparaît constamment de ses pages eucharistiques. En s’approchant de la table sainte, nous y voyons « le Seigneur immolé et gisant sur l’autel ». Le prêtre est « penché sur la victime », tandis que les assistants sont « couverts de ce sang ». Oui, « célébrer la pâque, c’est participer à un sacrifice saint et redoutable : vous avez sous les yeux le Christ égorgé ». En effet, là, « l’Agneau de Dieu s’immole pour vous, le prêtre est pour vous dans une sorte d’angoisse. Le sang coule pour votre salut du flanc très pur de l’Agneau et remplit la coupe ». Tout cela se réalise par les paroles consécratoires, qui « suffisent et suffiront pour opérer dans toutes les églises, depuis la dernière pâque de Jésus-Christ jusqu’à nos jours et jusqu’à son avènement, l’accomplissement du plus parfait des sacrifices ». Par la communion, nous venons donc recevoir une « chair sacrificielle » etc, etc…

 Doit-on, avec Mgr Rouet, qualifier « d’atroces » de tels propos, ou considérer cette spiritualité comme « mortifère » ? Rien de plus inconséquent. Saint Jean Chrysostome explique au contraire : « Le Christ a trouvé sa gloire dans la passion […] Non seulement la mort a perdu sa puissance, mais c’est par la mort que celui qui nous faisait une guerre implacable, le démon, a vu son empire détruit et comme écrasé dans sa chute […] C’est ce qui rendait la victime plus éclatante ; elle le serait moins, si le vainqueur n’avait pas détruit la mort par la mort. Voilà précisément ce qu’il y a d’admirable, qu’il ait remporté la victoire avec les armes qui faisaient la force de l’ennemi ; ainsi s’est manifestée partout sa puissance invincible » (Hom. 4 in He).

 Tel est ce qui est renouvelé sur l’autel, de l’avis même de tous les pères de l’Église. Non pas qu’il s’agisse d’y délaisser le souvenir de la Résurrection et de l’Ascension, mais c’est le sacrifice de la Croix qui est renouvelé sur l’autel, dont le premier effet pour nous est propitiatoire.  D’où  la  célèbre  page  de  saint

Grégoire le Grand : « [Afin d’apaiser Celui qui nous jugera au dernier jour], envoyons­lui nos larmes en ambassade, envoyons-lui nos œuvres de  miséricorde,  sacrifions sur son autel des victimes expiatoires, reconnaissons que nous ne pourrons lui tenir tête au jour du jugement. […] Le sacrifice offert sur le saint autel avec des larmes et un cœur plein de bonté est particulièrement efficace pour nous obtenir l'absolution, puisque celui qui, ressuscité des morts, ne meurt plus, souffre à nouveau pour nous dans le mystère de cette oblation. Car chaque fois que nous lui offrons le sacrifice de sa Passion, nous renouvelons en nous [l'effet de] sa Passion pour notre absolution » (Hom. 37 in Ev.)

 Dénigrant le sacrifice de la messe, Mgr Rouet ne peut que rejeter la notion même de sacerdoce. Car il y a un lien indissoluble entre le prêtre et le sacrifice : « Tout prêtre pris d’entre les hommes est établi pour les hommes en ce qui regarde le culte de Dieu, afin qu’il offre des dons et des sacrifices pour le péché » (He 5, 1). À refuser le sacrifice, on ne peut donc que déformer gravement le sacerdoce. Le prêtre n’est plus premièrement l’homme du culte, « celui qui a pouvoir sur le corps et le sang du Christ » (DzH 1764), mais « serviteur dans un peuple », « tout le reste n’étant que spiritualité désincarnée ». Faut-il chercher ailleurs qu’en ce double refus la cause profonde du tarissement des vocations sacerdotales ?

 Nous le constatons : si les divergences doctrinales sont profondes, ces enjeux ne sont pas sans conséquences pastorales immédiates. Il en va du cœur de l’Église. Plutôt qu’une harangue dialectique et venimeuse, c’est une discussion sereine, honnête et fondée qu’il faut entreprendre. Elle servira le bien de toute l’Église.

 

 Abbé P. de La Rocque

de la Fraternité Saint-Pie X