À vous la parole
Oui, à vous la parole ! Nous n’oublions pas la destinée de cette Lettre à nos frères prêtres : être un moyen facile et régulier de communiquer avec vous, évêques et prêtres diocésains de France, nos confrères dans le sacerdoce. Telle est notre volonté, et vous l’avez compris puisque, depuis le mois de mars 1999, date de la première parution, vous avez été près de 1600 à nous avoir répondu. Plus de 200 ont même tenu à soutenir financièrement cette entreprise, et souvent de manière très généreuse. De tout cela, je vous remercie. Vous manifestez ainsi toute l’attention que vous portez à notre démarche.
Pour qu’elle respecte pleinement sa finalité, notre lettre de liaison doit se faire l’écho fidèle de vos interventions, doutes ou questions. C’est pourquoi nous avons voulu aujourd’hui accorder une place toute particulière au courrier des lecteurs. Notre dernier numéro, consacré à l’œcuménisme et à l’accord luthéro-catholique sur la Justification, a en effet provoqué maintes réactions, souvent passionnantes et riches d’enseignements.
Il faut le constater : les réactions ont été vives, quelle que soit la position défendue. Si la force des réponses manifeste combien est actuelle la question de l’œcuménisme, de sa définition comme de son mode d’application, la diversité et le contenu des lettres reçues mettent en lumière des vérités plus douloureuses : il y a là un sujet de profonde division au sein du clergé, voire, en certains cas malheureusement trop fréquents, de déperdition de la foi. Ces lettres affreusement tristes, nous en publierons l’une ou l’autre, comme pour tirer un signal d’alarme : il est urgent de clarifier, à la lumière de la Tradition, les premières notions de l’ecclésiologie, sans quoi l’œcuménisme, au lieu de mener les chrétiens à l’unité de foi, pourrait bien provoquer la lente et inconsciente apostasie d’un clergé fragilisé.
Parmi
les lettres reçues, plusieurs nous demandaient la manière dont nous vivions le
Jubilé : pourquoi aborder des thèmes théoriques comme l’œcuménisme,
semblaient-ils nous dire, alors que nous vivons une année riche de grâces et de
moments religieusement forts ? Les pages qui suivent n’ont d’autre ambition que
de satisfaire ces interrogations. Car il est vrai que cette année du grand
Jubilé est exceptionnelle, et vous savez – je vous l’ai écrit à Noël dernier –
comment nous partirons les 7, 8 et 9 août prochain en pèlerinage de foi, de
prière et de pénitence, vers la Rome éternelle, vers la Rome catholique, vers la
Rome des Apôtres, des martyrs et des saints. Nous irons afin de nous purifier de
nos péchés, d’obtenir l’indulgence pour nos fautes et de sanctifier nos âmes.
Mais, là, c’est promis, nous prierons aussi pour tout un chacun d’entre vous.
Abbé Pierre Marie Laurençon
Supérieur pour la France
de la Fraternité Saint-Pie X