Jubilé 2000 : nous irons à Rome

 

 « Jubile, fille de Jérusalem, voici que ton Roi vient à toi. » C’est ce cri du prophète Zacharie (ix, 9) que Jean-Paul II a voulu faire retentir en publiant la Bulle d’indiction du grand Jubilé, Incarnationis Mysterium (IM). Fils aimants de l’Eglise, nous nous apprêtons donc à jubiler pour célébrer ce Roi Sauveur, « devant qui tout genou doit fléchir, au ciel, sur terre et aux enfers, et toute langue doit proclamer qu’il est Seigneur » (Phil. ii, 10).

 C’est à Rome que nous irons en pèlerinage : « en route vers la ville des saints Pierre et Paul », nous manifesterons que « de sa naissance à sa mort, chacun est dans la condition d’homo viator » (IM. n° 7), en pèlerinage vers les sanctuaires éternels. Conscients de la conversion personnelle qu’implique cette démarche, nous implorerons le pardon pour nos péchés. Mais, forts de la divine parole : « Le fils ne portera pas l’iniquité de son père » (Ez. xviii, 20), nous savons que nous ne portons pas le poids des erreurs et des fautes de ceux qui nous ont précédés. Loin d’être sujet à purification, le passé de l’Eglise sera pour nous objet d’action de grâce, car « l’histoire de l’Eglise est une histoire de sainteté » (IM, n° 11).

 C’est à Rome que nous irons franchir la porte sainte, « pour montrer que personne ne peut accéder au Père, sinon par Jésus qui a dit : Je suis la porte » (IM, n° 8). Et comme, de l’avis unanime des Pères, « nul ne peut avoir Dieu pour Père s’il n’a l’Eglise catholique pour Mère » (saint Cyprien, de unit. Ecc., n° 6), notre entrée dans la basilique du Vatican sera l’expression de notre attachement indéfectible à l’unique Arche de Salut, l’Eglise catholique et romaine.

 C’est à Rome que nous viendrons solliciter de notre Mère l’Eglise l’indulgence plénière, cette « indulgence par laquelle est accordée au pécheur repenti la remise de la peine temporelle pour les péchés déjà pardonnés quant à la faute » (IM, n° 9). Puisque « tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort », nous irons puiser dans les "trésors de l’Eglise", sachant que « dans l’unité surnaturelle du Corps mystique, s’instaure entre les fidèles un merveilleux échange de biens spirituels » (id). C’est à Rome, au cœur de l’Eglise catholique, que nous irons poser cet authentique geste de communion. 

C’est à Rome que nous irons prier pour la paix dans le monde, persuadés que cette pacification ne se réalisera que dans la mesure où les nations adoreront l’Enfant-Dieu, unique principe de la paix (Is. ix, 6), Roi qui seul peut annoncer la paix aux nations (Zach. ix, 11). Nous savons qu’en dehors de Lui, tout baiser de paix est éphémère et trompeur. Lorsque des hommes d’Eglise viennent à promouvoir une telle paix, « ils font déchoir l’Eglise de sa mission toute divine, éternelle et surnaturelle, au niveau des idéaux maçonniques d’une paix mondiale en dehors de l’unique Prince de la Paix, Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Lettre de Mgr Fellay au pape). Pour nous, selon l’ordre du prophète – « Jubile, fille de Jérusalem, voici que ton Roi vient à toi, il annoncera la paix aux nations » (Zach. ix, 9-11) – c’est en ce Roi que nous jubilerons et que nous aimerions voir le monde entier jubiler avec nous.

 C’est à Rome, sur la tombe du plus glorieux des martyrs, que nous irons célébrer la mémoire de ces innombrables saints qui, au cours des deux millénaires, ont donné leur vie pour le Christ. Sur le tombeau de saint Pierre, à la demande de Jean-Paul II , nous « ferons monter avec force l’hymne d’action de grâce au Père et chanterons : Te martyrum candidatus laudat exercitus » (IM, n° 13) Enflammés par ces exemples, nous reviendrons de Rome, pierres vivantes, fortifiées pour maintenir, transmettre et continuer la chrétienté.

C’est à Rome, donc, que les 8, 9 et 10 août prochains, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X iront s’associer à la jubilation de l’Eglise universelle. Même si, pour eux, les autels resteront inaccessibles. Me réjouissant de ces grâces imminentes, je vous souhaite à tous un saint Jubilé et de joyeuses fêtes de Noël.

 

                                                                                                                                            

Abbé Pierre Marie Laurençon,

Supérieur pour la France

de la Fraternité Saint-Pie X.