Oblates de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Désireuses de quitter la vie séculière pour vivre de l’esprit de la Fraternité et venir en aide à ses œuvres, les sœurs Oblates de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X se sanctifient au contact de la Fraternité en faisant du saint sacrifice de la Messe la source inépuisable de leur vie spirituelle et religieuse. Elles ont pour modèle la Vierge Marie, Mère du Prêtre éternel. Comme elle, elles offrent leur vie quotidienne pour aider à la rédemption des âmes, spécialement à la sanctification des prêtres, heureuses de participer au Sacrifice de Notre Seigneur, comme Notre-Dame de Compassion, debout au pied de la Croix. Membres d’une société de vie com­mune sans vœux, elles prononcent un engagement.

Réponse à quelques questions
sur les Sœurs Oblates de la Fraternité St Pie X

- par les Sœurs Oblates -

1.- Que signifie le nom « Oblate »?

Selon l’Ă©tymologie latine, «oblata » du verbe « offerte » : offrir, le terme « oblate » signifie « offerte » et rĂ©sume autant qu’il exprime toute notre vocation.

En effet, plus qu’une simple dĂ©signation parmi les multiples familles religieuses, ce titre d’oblate n’est-il pas en lui-mĂŞme un appel au don total de soi ?

C’est ce que toute novice doit avoir compris lorsqu’au jour de son oblation, agenouillĂ©e au pied du tabernacle ouvert, unie Ă  Notre-Dame de Compassion, elle fait Ă  Dieu son offrande de victime avec la divine Victime :

« Je vous fais l’offrande de ma personne, de ma vie, de tout ce que j’ai, de tout ce que je suis, pour votre plus grande gloire, Ă´ mon Dieu, pour le salut de mon âme, le salut de toutes les âmes, et tout spĂ©cialement la sanctification des prĂŞtres et des futurs prĂŞtres ». (Acte d’oblation).

2.- Comment les Oblates appartiennent-elles à la Fraternité ?

En 1973, dans la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 5, Ă  cette question qui lui Ă©tait posĂ©e : « La FraternitĂ© comprend-elle plusieurs familles ? », Monseigneur Lefebvre rĂ©pondait : « Elle comprend les prĂŞtres et futurs prĂŞtres, puis des frères auxiliaires, des sĹ“urs Oblates, et bientĂ´t, nous l’espĂ©rons, des sĹ“urs religieuses de la FraternitĂ© … Enfin, nous comptons avec l’aide de Dieu, faire profiter les laĂŻcs dans le monde des bienfaits spirituels de la FraternitĂ©. »

En 1980, avec la naissance du Tiers-Ordre de St Pie X, Monseigneur Lefebvre voyait la rĂ©alisation de son Ĺ’uvre telle qu’il l’avait conçue avec les quatre familles de la FraternitĂ©.

Lorsque l’on Ă©numère ces quatre branches de l’Ĺ’uvre, un ordre de simple prĂ©sĂ©ance extĂ©rieure Ă©tant toujours nĂ©cessaire pour classer personnes et choses, la coutume a Ă©tĂ© prise de placer les SĹ“urs Oblates dans la 3e famille, la 1ère Ă©tant celle des PrĂŞtres, des Frères et des sĂ©minaristes, la 2e, celle des SĹ“urs de la FraternitĂ©, et la 4e, celle du Tiers-Ordre.

3.- Qui les a fondées ?

Fondée par Son Excellence Monseigneur Lefebvre, cette famille des Sœurs Oblates de la Fraternité a vu le jour en 1973.

ObligĂ©e en conscience de quitter sa famille religieuse devenue infidèle, une première SĹ“ur française, hospitalière, SĹ“ur Marie Bernard, vint frapper Ă  la porte d’ÉcĂ´ne.

D’autres n’ont pas tardĂ© Ă  faire de mĂŞme, et c’est ainsi qu’est nĂ©e notre SociĂ©tĂ©.

A l’origine, les SĹ“urs Oblates sont donc des religieuses canoniquement libĂ©rĂ©es de leurs obligations vis-Ă -vis de leur propre CongrĂ©gation et dĂ©sireuses de sauver leur vocation de la dĂ©bâcle postconciliaire.

Assez vite se sont jointes Ă  elles des personnes d’âge mĂ»r, libĂ©rĂ©es de leurs devoirs d’Ă©tat et dĂ©sireuses de se sanctifier au contact de la FraternitĂ© tout en se dĂ©vouant Ă  ses Ĺ“uvres. Actuellement, la crise de l’Église persistant, source de nouveaux besoins, notre recrutement tend Ă  se modifier, notre structure plus souple permettant Ă  d’autres vocations de trouver un terrain favorable Ă  leur Ă©panouissement.

4.- Ont-elles une hiérarchie propre ?

Non, les SĹ“urs Oblates n’ont pas de hiĂ©rarchie propre, Ă  la diffĂ©rence de la plupart des CongrĂ©gations fĂ©minines dont celle des SĹ“urs de la FraternitĂ© qui, nonobstant leur nom et les liens spirituels profonds qu’elles entretiennent avec notre FraternitĂ©, sont juridiquement indĂ©pendantes.

Membres de la FraternitĂ© Ă  part entière, comme les PrĂŞtres et les Frères, nous n’avons pas de SupĂ©rieure gĂ©nĂ©rale Ă©lue dans nos rangs mais dĂ©pendons du SupĂ©rieur GĂ©nĂ©ral de la FraternitĂ©, actuellement Monseigneur Bernard Fellay. C’est entre ses mains que nous faisons notre Oblation, demeurant Ă  son entière disposition pour les besoins de la FraternitĂ©.

Dans nos prieurés, nos Sœurs dépendent directement du Prieur.

Si la communauté compte plus de trois membres, une supérieure peut être désignée par Monseigneur Fellay, après avis du Prieur.

5.- Quelle différence y a-t-il entre une religieuse et une oblate ?

Selon les termes mĂŞmes de nos Statuts – rĂ©digĂ©s par Monseigneur Lefebvre en 1982 – les SĹ“urs Oblates forment « une sociĂ©tĂ© de vie commune sans vĹ“ux, mais avec un engagement comme la sociĂ©tĂ© des PrĂŞtres de la FraternitĂ© Sacerdotale St Pie X ».

Qu’est-ce Ă  dire ?

Lorsque nous suivons l’histoire de l’Église, nous constatons une Ă©volution certaine, depuis la conception gĂ©nĂ©rale et traditionnelle du monachisme (avec la stabilitĂ© et la solennitĂ© des vĹ“ux) jusqu’aux formes les plus rĂ©centes des « États de Perfection ».

En effet, au cours des âges, sans rien abandonner de la tradition monastique qui garde sa place privilĂ©giĂ©e, de nouvelles familles se sont créées, selon des formules de plus en plus souples. Se dĂ©gageant de formes extĂ©rieures certes très importantes, mais non indispensables, elles n’ont gardĂ© que l’essentiel d’une vie toute donnĂ©e Ă  Dieu, acceptĂ©e et approuvĂ©e par l’Église.

C’est ainsi qu’Ă  cĂ´tĂ© de «l’Ă©tat canonique complet de perfection » – type parfait des États de perfection – auquel appartiennent les Ordres de vĹ“ux solennels et les CongrĂ©gations de vĹ“ux simples, le code de droit canonique dĂ©finit comme « second Ă©tat canonique de perfection » les sociĂ©tĂ©s de vie commune sans vĹ“ux. DĂ©pourvues de plusieurs Ă©lĂ©ments juridiques nĂ©cessaires pour constituer l’Ă©tat canonique complet de perfection, tels les vĹ“ux publics de PauvretĂ©, ChastetĂ© et ObĂ©issance, ces sociĂ©tĂ©s n’en possèdent pas moins les autres qualitĂ©s appartenant Ă  la substance de la vie de perfection.

Cela paraĂ®t peut-ĂŞtre u peu compliquĂ© et subtil: mais non! Tout simplement, selon le droit de l’Église, si ces sociĂ©tĂ©s ne sont pas au sens propre des Instituts religieux, ni leurs membres des religieux, ils y sont pourtant assimilĂ©s par le Code.

SĹ“urs Oblates, telles nous sommes, voulues par Son Excellence Monseigneur Lefebvre, avec une place bien dĂ©finie dans la FraternitĂ© comme dans l’Église. La route ne nous a-t-elle pas Ă©tĂ© frayĂ©e, par exemple, par les Filles de la CharitĂ© de Saint Vincent de Paul, lesquelles selon le dĂ©sir exprès de leur fondateur n’ont jamais Ă©tĂ© religieuses au sens canonique du terme ?

6.- Quelle est la spiritualité des Sœurs Oblates ?

La spiritualitĂ© des SĹ“urs Oblates est celle de la FraternitĂ© qui est la spiritualitĂ© mĂŞme de l’Église dont le cĹ“ur est le St Sacrifice de la Croix renouvelĂ© chaque jour sur nos Autels par le Saint Sacrifice de la Messe.

Aussi la Sainte Messe est-elle la source inépuisable de notre vie spirituelle et religieuse (Statuts).

Office divin – Prime, Sexte et Compiles – mĂ©ditation, chapelet en commun, lecture spirituelle, temps de prière personnelle : toute notre journĂ©e est immergĂ©e dans le Sang de l’Agneau, fixĂ©es que nous sommes par notre Oblation au pied de la Croix :

« Elles sont heureuses de participer au Sacrifice de Notre-Seigneur, comme Notre-Dame de Compassion, debout au pied de la Croix. » (Statuts)

Contempler JĂ©sus CrucifiĂ© avec les yeux et le cĹ“ur de Marie : telle est, en vĂ©ritĂ© la vocation d’une Oblate.

« Elle ajoutera spĂ©cialement comme intention de sa vie spirituelle la compassion aux douleurs de JĂ©sus sur la Croix, Ă  l’image de Notre-Dame de Compassion, leur Patronne, pour la rĂ©demption des âmes, pour la saintetĂ© des PrĂŞtres, pour sa propre sanctification. » (Statuts)

« Pour les PrĂŞtres » : membres d’une FraternitĂ© dont le but est le Sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte, c’est avant tout pour les PrĂŞtres que nous devons nous sanctifier.

S’adressant aux SĹ“urs Oblates d’ÉcĂ´ne en la fĂŞte de Notre-Dame de Compassion – le 10 avril 1981 -Monseigneur Lefebvre ne leur disait-il pas :

(…) «Alors vous, bien chères SĹ“urs, auxiliaires du PrĂŞtre, auxiliaires non pas seulement de vos mains, mais auxiliaires aussi de vos âmes, de votre esprit, du Sacerdoce, du Sacrifice de Notre-Seigneur JĂ©sus-Christ, de sa Croix, de l’extension de son Règne, de l’extension de son Amour, alors, vous vous unirez d’une façon toute particulière Ă  la Très Ste Vierge Marie.

Comme Elle auprès de son Divin Fils, vous compatirez et ainsi vous contribuerez aussi d’une manière très efficace Ă  la rĂ©demption des âmes, dans la mesure oĂą vous pouvez le faire, dans la mesure oĂą la Providence vous donne les grâces pour le faire.

Ainsi vous vous associerez d’une manière plus profonde au sacerdoce des PrĂŞtres, demandant que ces PrĂŞtres, que ces sĂ©minaristes que vous servez deviennent de vrais PrĂŞtres, qu’ils deviennent vraiment d’autres Christ, qu’ils s’associent, eux, d’une manière encore plus profonde, encore plus parfaite Ă  la Passion de Notre-Seigneur JĂ©sus-Christ…

Vous le demanderez Ă  la Très Ste Vierge Marie. Alors, offrez vos souffrances, offrez vos sacrifices dans cette intention, afin que le règne de Notre-Seigneur JĂ©sus-Christ s’Ă©tende. »

En cette heure de tourmente pour l’Église et pour le Sacerdoce, il est encore une intention spĂ©cifique que Monseigneur Lefebvre a dĂ©sirĂ© inclure dans notre mission :

« Plus que jamais, il y a des abandons sacrilèges, des abandons douloureux de Notre-Seigneur, et particulièrement par les âmes consacrĂ©es Ă  Dieu. C’est pourquoi nous vous invitons vivement Ă  offrir vos petites Ă©preuves, vos sacrifices, vos difficultĂ©s, toutes les douleurs que le Bon Dieu peut permettre que vous souffriez, que vous avez, en union avec les douleurs de la Très Ste Vierge Marie afin de rĂ©parer pour tous ces sacrilèges. » (Sermon du 6 avril 1979)

Si nous voulions rĂ©sumer notre spiritualitĂ©, nous dirions que tout est exprimĂ© dans notre Acte d’Oblation. Aussi avons-nous Ă  cĹ“ur de le redire le plus souvent possible afin d’en faire jaillir une vie toujours plus intense et fĂ©conde.

7.- Quel est leur genre de vie ?

« Apostolique » pourrait-on dire, puisque les Sœurs Oblates doivent prolonger aux côtés des Prêtres le rôle discret, mais voulu par Dieu, de la Ste Vierge et des Stes Femmes auprès de Notre-Seigneur et de ses Apôtres.

Dans un cadre de vie religieuse aux structures plus souples – propre aux sociĂ©tĂ©s de vie commune sans vĹ“ux ; cf. question 5 – nous sommes Ă  mĂŞme de servir les PrĂŞtres quelles que soient les conditions d’exercice de leur ministère – vie active aux formes les plus diverses que ne limite aucune disposition de nos Statuts.

8.- A qui faut-il s’adresser pour entrer chez les Oblates ?

C’est au SupĂ©rieur GĂ©nĂ©ral de la FraternitĂ© qu’il faut s’adresser pour entrer chez les Oblates.

Il est toutefois recommandé que cette démarche soit approuvée par le Supérieur de District auquel on appartient.

9.- Quelles sont les aptitudes requises pour devenir Oblate ?

Le but secondaire des SĹ“urs Oblates de la FraternitĂ© Ă©tant le dĂ©vouement aux Ĺ“uvres de la FraternitĂ©, c’est-Ă -dire l’aide aux PrĂŞtres, que ce soit dans les sĂ©minaires, les prieurĂ©s ou les Ă©coles, pour l’admission de toute candidate, une question se pose : – « Plus tard, sera-t-elle une aide ou un poids dans la vie de communautĂ© ? »

Dans cette perspective, les aptitudes requises sont les suivantes :

- un bon équilibre général,

- un minimum de jugement et de bon sens,

- une volonté suffisante pour persévérer malgré les difficultés,

- une maturitĂ© adulte, l’Oblate devant pouvoir faire face par elle-mĂŞme Ă  toutes sortes de situations,

- un dĂ©veloppement et un Ă©quilibre affectif normal, d’autant plus nĂ©cessaire pour une Oblate qu’elle est
appelée à vivre au service, et donc, au contact des Prêtres,

- les qualités de sociabilité nécessaires à la vie commune.

Notons que la prĂ©sence des aptitudes requises n’est pas nĂ©cessairement un signe de vocation : toute personne qui les possède n’est pas systĂ©matiquement appelĂ©e Ă  la vie religieuse, en revanche, une personne qui ne les a pas n’y est certainement pas appelĂ©e.

Notons Ă©galement que ce qui pourrait ĂŞtre empĂŞchement canonique pour l’admission dans certaines CongrĂ©gations ne l’est pas nĂ©cessairement pour l’admission chez les Oblates, chaque cas particulier relevant de l’apprĂ©ciation du SupĂ©rieur GĂ©nĂ©ral.

Comme pour toute vie religieuse, ce qui importe avant tout pour devenir Oblate, c’est l’appel de Dieu, c’est-Ă -dire la vocation.

10.- Y a-t-il une préparation spéciale ou des études exigées ? un âge minimum ? maximum ?

Aucune prĂ©paration spĂ©ciale n’est demandĂ©e pour entrer chez les Oblates, si ce n’est celle d’une vie chrĂ©tienne dĂ©jĂ  bien assise dans la Tradition.

Quant Ă  la tranche d’âge, elle est très variable …

Selon nos Statuts, peuvent solliciter leur admission les « personnes d’un âge qui ne leur permet pas d’entrer dans la SociĂ©tĂ© des SĹ“urs de la FraternitĂ© », ce qui veut dire Ă  partir de 30 ans. Mais il est des cas oĂą il est dĂ©rogĂ© Ă  cette règle lorsque d’autres empĂŞchements que l’âge ne permettent pas aux candidates d’ĂŞtre reçues chez les SĹ“urs.

Aucune limite d’âge n’est fixĂ©e dès lors que les aspirantes sont encore capables de s’adapter Ă  la vie commune et de servir la FraternitĂ©.

11.- Une bonne santé est-elle requise ?

Il faut certes avoir les forces suffisantes pour pouvoir se dĂ©vouer et rendre service, selon ses propres aptitudes, lĂ  oĂą l’ObĂ©issance nous place.

Mais une santé plus fragile ou même certaines maladies, ne sont pas nécessairement un obstacle pour entrer chez les Oblates.

12.- Une dot est-elle exigée ?

Aucune dot n’est exigée pour entrer chez les Oblates.

En revanche, notre Noviciat de Salvan n’ayant aucun revenu propre, pour nous aider à subvenir aux besoins matériels de la maison, nous demandons aux postulantes et novices qui le peuvent une pension dont le montant proposé est de 165 Euros par mois.

13.- Y a-t-il un temps de postulat ? de noviciat ? En quoi consistent-ils ?

Nos Statuts prévoient une année de postulat et une année de noviciat.

Jusqu’en 1993, nos aspirantes étaient formées soit dans l’une de nos maisons – notamment celle de Bitche en France – soit au Noviciat des Sœurs de la Fraternité. Ces dernières en effet, ont eu la charité de nous suppléer dans la formation de nos novices jusqu’à ce que le nombre croissant des vocations ait déterminé nos Supérieurs majeurs à les regrouper dans un Noviciat spécifique qui sans être strictement canonique, assurerait la formation particulière des Sœurs Oblates.

Ce projet s’est réalisé en 1993 à Menzingen où venait de s’établir la Maison Généralice de la Fraternité sous le supériorat de Monsieur l’Abbé Franz Schmidberger.

Depuis 1993, les aspirantes n’ont cessé de se présenter si bien que la Maison Généralice est devenue trop petite pour les abriter toutes et qu’il fallut trouver un autre nid.

C’est ainsi qu’en août 1999, Monseigneur Fellay décida de transférer le Noviciat des Sœurs Oblates à Salvan, petit village du Valais, situé à vingt-cinq kilomètres d’Ecône, où la Fraternité possédait déjà une maison achetée du vivant de Monseigneur Lefebvre dans la pensée d’y ouvrir une école de garçons.

Cela fait maintenant environ six ans que nous sommes installĂ©es en ces lieux trop longtemps restĂ©s Ă  l’abandon et pour la rĂ©novation desquels nous n’avons pas fini de dĂ©penser nos Ă©nergies … sans rien perdre de notre joie, communicative, semble-t-il aux dires des villageois eux-mĂŞmes qui pour cette raison, nous ont très vite adoptĂ©es parmi eux.

Que faisons-nous Ă  Salvan ? Certes, nos SĹ“urs ont dĂ» se mettre Ă  tout et apprendre Ă  manier aussi bien le balai et la dĂ©broussailleuse que le pinceau ou la perceuse ! Et plus d’une fois, lĂ  oĂą l’expĂ©rience manquait il fallut faire preuve d’ingĂ©niositĂ©…

Mais là n’est pas l’essentiel.

S’étendant normalement sur deux années – l’année de postulat qui s’achève par la prise d’habit, laquelle marque l’entrée proprement dite au Noviciat pour une nouvelle année – ce temps du Noviciat est un temps de formation qui peut être comparé à celui des semailles.

Dans le silence et le recueillement d’une vie plus retirée, postulantes et novices se préparent à devenir les auxiliaires du Prêtre, auxiliaires, nous l’avons déjà dit, non pas seulement de leurs mains, mais auxiliaires aussi de leur âme, de leur esprit.

Non encore mêlées aux tracas de la vie active, elles posent les bases de leur vie de demain et s’initient aux secrets de la vie intérieure, « raison d’être des personnes consacrées à Dieu », disent les Statuts. Elles apprennent que cette vie d’union à Dieu doit être d’autant plus profonde qu’elle sera moins protégée plus tard, et les adaptant à leur propre état, elles font leurs ces paroles que St Vincent de Paul adressait à ses Filles :

(…) « A raison de ce qu’elles sont plus exposĂ©es au dehors, aux occasions de pĂ©chĂ©, que les religieuses obligĂ©es Ă  la clĂ´ture, n’ayant pour monastère que la maison (ou l’école du prieurĂ©) (…), pour clĂ´ture, l’obĂ©issance, pour grille, la crainte de Dieu, elles doivent avoir autant ou plus de vertu que si elles Ă©taient professes dans un Ordre religieux et sont obligĂ©es de se comporter dans tous les lieux oĂą elles se trouvent parmi le monde avec autant de rĂ©collection, de puretĂ© de cĹ“ur et de corps, de dĂ©tachement des crĂ©atures et d’édification que de vraies religieuses dans la retraite propre Ă  leur monastère. »

Vaste programme pour l’apprentissage duquel vous devinez que ces deux années de Noviciat ne sont pas de trop !

Matin et après-midi, selon les niveaux, des cours sont donnés aux Sœurs. L’enseignement de la doctrine catholique et de l’histoire de l’Église revient à l’aumônier tandis que la maîtresse des Novices assure tout ce qui concerne la pratique de la vie et des vertus religieuses. La découverte de la liturgie s’intègre au rythme même de l’année liturgique, la proximité d’Écône permettant à toutes de goûter aux splendeurs des cérémonies, les jours de fête. La lecture spirituelle, jointe à la lecture quotidienne de l’Écriture Sainte sont encore là pour nourrir l’âme et fortifier l’esprit. Un temps d’étude personnelle permet ensuite à chacune d’assimiler les données ou de les approfondir selon ses besoins.

A côté de cette formation spirituelle, nos Sœurs sont également initiées aux tâches ménagères et reçoivent des connaissances pratiques de cuisine, de couture, de lingerie, de sacristie, en un mot, de tout ce qui fait la vie d’un prieuré.

Ajoutez Ă  cela une demi-heure de chant par jour, deux rĂ©crĂ©ations dans une joie toute fraternelle, une excursion par mois (ou presque) dans les belles montagnes suisses et vous aurez une idĂ©e Ă  peu près complète de la vie que nous menons dans notre petit Noviciat Sainte ThĂ©rèse de l’Enfant-JĂ©sus – Noviciat de langue française … mais pour l’instant international en attendant l’heure oĂą la Providence … et les effectifs permettront l’ouverture d’un Noviciat de langue anglaise, allemande et… espagnole !

14.- Au terme de cette préparation, prononce-t-on des vœux ? des engagements ?

Au terme de cette prĂ©paration, la novice s’engage, non par des vĹ“ux publics, mais par un acte dans lequel elle fait Ă  Dieu son oblation avec la divine Victime et promet d’observer les Statuts spĂ©cialement ce qu’ils prescrivent concernant les vertus d’ObĂ©issance, de PauvretĂ© et de ChastetĂ©.

Après six annĂ©es d’engagement annuel, les Oblates peuvent demander de le renouveler pour trois ans, et après neuf annĂ©es, elles peuvent demander un engagement dĂ©finitif.

Le renouvellement de l’engagement se fait en la fĂŞte de Notre-Dame des 7 Douleurs, le 15 septembre.

Celles qui le désirent peuvent intensifier leur union à la divine Victime par des vœux privés.

Mais toutes « doivent s’efforcer de pratiquer les vertus religieuses » (Statuts), lesquelles s’Ă©tendent bien au-delĂ  de la matière imposĂ©e par les vĹ“ux.

15.- Après leur temps de prĂ©paration, Ă  quel genre d’apostolat se consacrent les Oblates ?

Nos Statuts ne stipulant d’autre but que le dĂ©vouement aux Ĺ“uvres de la FraternitĂ© selon les talents de chacune, l’apostolat des Oblates peut donc ĂŞtre aussi variĂ© que ces Ĺ“uvres elles-mĂŞmes.

A la fin de son Noviciat, la nouvelle Oblate peut être envoyée soit dans un prieuré, soit dans une école, soit dans un séminaire.

LĂ , dans ces cadres de vie en eux-mĂŞmes dĂ©jĂ  très diffĂ©rents l’un de l’autre, de façon très humble, parfois très cachĂ©e, elle pourra exercer les tâches les plus diverses, en fonction de ses aptitudes : tâches mĂ©nagères, couture, travail de bureau, secrĂ©tariat, catĂ©chisme, enseignement primaire et secondaire, soins infirmiers… Dans le rayonnement de l’apostolat du prieurĂ©, tout est possible et notre SupĂ©rieur GĂ©nĂ©ral peut trouver pour chacune la place oĂą elle sera le mieux Ă  mĂŞme de dĂ©velopper les richesses de sa personnalitĂ© pour la plus grande gloire de Dieu …

OĂą qu’elle soit nommĂ©e, la SĹ“ur Oblate n’oubliera jamais qu’elle est offerte pour servir …

16.- Quel est l’horaire type d’une journĂ©e d’Oblate ?

Voici notre règlement, tel qu’il est prescrit dans nos Statuts :

06h00 Lever

06h30 Prière commune (Prime ou Laudes) suivie de la méditation

07h15 Ste Messe

08h00 Collation, Temps libre – Mise en ordre de la chambre

09h00 Travail

12h00 Fin du Travail

12h15 Sexte

12h30 Repas, recréation

Temps libre, lecture spirituelle

15h00 Travail

16H15 Goûter

16h30 Travail

18h00 Temps libre

Chapelet ou Bénédiction du St Sacrement

19h30 Repas

20h45 Complies, grand silence

Pendant le temps du Noviciat, quelques modifications adaptent ce règlement aux nécessités de la formation.

17.- Combien d’Oblates y a-t-il pour le moment ? De quelles nationalités ?

Les Sœurs Oblates peuvent être appelées à exercer leur apostolat dans tout lieu où est implantée la Fraternité.

Actuellement (octobre 2010), nous sommes dans 12 pays du monde :

24 sœurs sont en Suisse, dont 9 à la Maison Généralice de Menzingen, 5 au séminaire d’Écône, 5 au Noviciat de Salvan, 2 à Rickenbach, maison du District, 2 au prieuré d’Oberriet et une à Enney.

12 sœurs sont en France, principalement dans les écoles de Bitche et de Domezain.

L’Allemagne quant à elle, compte 11 Sœurs Oblates : 3 au séminaire de Zaitzkofen, 3 dans notre maison de personnes âgées à Weihungszell, une à Berlin et 4 dans l’école de filles de Schönenberg, tenue par les Oblates.

Une sœur est au prieuré de Montalenghe en Italie.

L’école Saint Michel en Angleterre occupe 4 sœurs.

Sept sœurs sont au Canada : 2 dans l’école de Lauzon, 3 au prieuré de Toronto et 2 au prieuré de Shawinigan.

Trois sœurs se trouvent aux États-Unis et une sœur est au prieuré de Buenos Aires en Argentine.

Quatre sœurs tiennent la Maison de Béthanie aux Philippines. Il s’agit d’un pré-noviciat où les jeunes filles peuvent réfléchir à leur vocation, avant de s’orienter vers une congrégation de la Tradition.

Enfin, en Afrique, deux sœurs sont au prieuré de Roodepoort en Afrique du Sud. Et trois sœurs se dévouent dans une maison près de Nairobi, au Kenya.

18.- OĂą exercent-elles leur apostolat ?

Les Sœurs Oblates peuvent être appelées à exercer leur apostolat dans tout lieu où est implantée la Fraternité.

Présentement, nous sommes 70 Oblates dans 12 pays du monde :

22 Sœurs sont en Suisse, dont 10 à la Maison Généralice de Menzingen, 6 au séminaire d’Écône, 6 au Noviciat de Salvan.

L’Allemagne quant à elle compte 11 Sœurs Oblates : 3 au séminaire de Zaitzkofen, 2 dans notre maison de personnes âgées à Weihungszell, 5 dans notre école de filles de Schönenberg, tenue par les Oblates, et 1 dans notre prieuré de Berlin.

15 Sœurs sont en France, principalement dans nos écoles de Bitche et de Montréal-de-l’Aude,

3 Sœurs plus âgées étant dans notre maison de retraite du Brémien.

6 Sœurs sont au Canada, dont 2 dans l’école de Lauzon et 2 au prieuré de Toronto.

Notre école d’Angleterre occupe 4 Sœurs ; deux autres tiennent le prieuré de Roodepoort en Afrique du Sud.

10 Sœurs enfin se dévouent dans nos prieurés d’El Alamo en Espagne, de Varsovie en Pologne, de Dickinson aux États-unis, de Jaidhof en Autriche, de Buenos Aires en Argentine et de Manille aux Philippines.

Vous avez compris que chez nous comme souvent dans la Tradition, « la moisson est abondante mais les ouvriers trop peu nombreux… »

19.- Une Oblate retourne-t-elle obligatoirement dans son pays après son oblation ?

Non, une Oblate ne retourne pas obligatoirement dans son pays après son oblation.

Nous la faisons entre les mains du Supérieur Général de la Fraternité et nous savons que nous sommes en conséquence au service de la Fraternité.

Mais nous savons aussi que dans ses nominations, notre Supérieur tient compte de la santé, de la langue et des aptitudes de l’Oblate.

Aussi est-ce sans crainte que nous lisons ces paroles de nos Statuts :

« L’Oblate devra avec générosité s’adapter aux circonstances de son apostolat et faire confiance dans les grâces que Dieu donne aux âmes de bonne volonté. »

20.- Que signifie l’habit des Oblates ?

Comme tout habit religieux, celui des SĹ“urs Oblates signifie notre sĂ©paration d’avec le monde et notre totale appartenance Ă  Dieu.

Afin de le distinguer de celui des SĹ“urs de la FraternitĂ©, Monseigneur Lefebvre a souhaitĂ© que la forme en pointe de leur voile soit pour nous arrondie ainsi que l’encolure carrĂ©e de leur scapulaire.

En outre, au lieu de la mĂ©daille de St Pie X, c’est la croix de St BenoĂ®t que nous recevons et portons sur notre cĹ“ur. N’est-elle pas pour nous l’invitation constante Ă  vivre notre oblation en union avec Notre-Dame de Compassion ? Oblata…