Frères de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Les Frères se consacrant Ă Dieu dans la vie religieuse ont pour premier but la gloire de Dieu, leur sanctification et le salut des âmes. Toute leur vie, toutes leurs actions sont offertes Ă Dieu par Notre Seigneur, spĂ©cialeÂment au saint autel de la Messe.
Le but spĂ©cifique des Frères dans la FraÂternitĂ© est de venir en aide aux prĂŞtres dans tous leurs ministères, qu’il s’agisse de les dĂ©charger de tâches matĂ©rielles ou de participer plus directement Ă l’aposÂtolat, dans les lieux de culte, les Ă©coles ou les missions. Ils prononcent les vĹ“ux de religion qui les unissent plus Ă©troitement au divin MaĂ®tre.
Une vocation à part entière
Un sous-off, un travailleur manuel ou un demi-frère ? Qu’est-ce au juste qu’un frère de la FraternitĂ© Saint-Pie X ?
« Le pauvre, il a ratĂ© Saint-Cyr, alors ma foi : il est frère, c’est dĂ©jà ça ! » VoilĂ une rĂ©flexion que se font des fidèles en apprenant qu’un jeune homme est entrĂ© comme frère dans la FraternitĂ© Saint-Pie X. Plusieurs voient en lui un sous-officier de l’Église. Aussi, le dĂ©finissent-ils nĂ©gativement.
D’autres le considèrent surtout comme un travailleur manuel, dĂ©chargeant les prĂŞtres des soucis matĂ©riels pour leur permettre de vaquer plus librement aux choses de Dieu. Le frère serait les bras tandis que les prĂŞtres seraient davantage tournĂ©s vers Dieu.
D’autres enfin, faisant la comparaison entre les frères de la FraternitĂ© et les frères capucins ou dominicains, ont l’impression que les frères de la FraternitĂ© seraient frères Ă demi. Ils seraient moins religieux que les Capucins ou les Dominicains.
Vu ces conceptions erronĂ©es, en tant que maĂ®tre des novices Ă Flavigny, je suis heureux de vous prĂ©senter la vocation de frère. Puissiez-vous en dĂ©couvrir toute la beautĂ© et partager notre joie en voyant s’Ă©panouir une jeunesse ardente, animĂ©e de ce bel idĂ©al !
Sus au vieil homme !
DĂ©jĂ , rabaisser la vocation de frère en la comparant Ă celle, jugĂ©e infĂ©rieure, de sous-officier ou de travailleur manuel, ne paraĂ®t très Ă©logieux ni pour les sous-officiers, ni pour les travailleurs manuels. Or, nous le savons bien : il n’y a pas de sot mĂ©tier, il n’y a que de sottes gens.
Maintenant, il faut comprendre les motifs positifs qui attirent les jeunes gens vers la vocation de frère. Pour saisir la dĂ©marche des jeunes qui frappent Ă la porte du SĂ©minaire comme postulants frères, il est nĂ©cessaire de bien connaĂ®tre les deux aspects indissociables de toute ascension vers Dieu. Si l’homme Ă©tait bon par nature, il nous suffirait de dĂ©velopper le meilleur de nous-mĂŞmes pour atteindre la perfection. Mais hĂ©las ! nous avons en nous des mauvaises tendances. Le vieil homme dont parle saint Paul lutte contre les aspirations de l’homme nouveau. Ainsi, pour monter vers Dieu, il ne suffit pas de nous tourner vers lui de tout notre cĹ“ur, il faut au prĂ©alable nous dĂ©tacher de tout ce qui peut freiner notre union Ă lui. Toute vie spirituelle comprend donc une phase ascĂ©tique et une phase mystique. Autrement dit : pas d’union Ă Dieu sans renoncement prĂ©alable.
Le postulant frère ayant saisi cette vérité, au moins partiellement, emprunte généreusement la voie des conseils évangéliques. Cette voie se distingue de la voie des commandements. Pour plaire à Dieu, nous devons tous observer les commandements de Dieu, nous devons tous aimer Dieu par-dessus tout et aimer notre prochain comme nous-même par amour de Dieu. Mais pour observer plus facilement les commandements, pour arriver plus vite à Dieu, il existe un chemin plus court, plus direct, plus sûr que celui qui est emprunté par les gens du monde.
Ce chemin n’Ă©loigne pas l’homme de la voie des commandements, mais lui donne des moyens plus sĂ»rs de les observer. Pour aimer Dieu par-dessus tout, il est nĂ©cessaire d’Ă©viter toute attache dĂ©rĂ©glĂ©e Ă la crĂ©ature. Or, naturellement, nous avons facilement tendance Ă nous attacher dĂ©mesurĂ©ment aux biens de ce monde, nous avons la tentation de nous laisser aller sur la pente savonneuse des plaisirs, nous avons surtout tendance Ă nous attacher Ă notre manière de voir et Ă notre manière d’agir. Alors, pour couper court Ă toutes ces tentations, les frères font les trois vĹ“ux de pauvretĂ©, de chastetĂ© et d’obĂ©issance.
Un triple engagement
Les trois vĹ“ux ont leur source dans la sainte Écriture. Dans l’Évangile, Notre-Seigneur invite le jeune homme riche Ă le suivre sur la route de la pauvretĂ©. Il lui dit : « Si tu veux ĂŞtre parfait, va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trĂ©sor au Ciel ; puis viens et suis-moi. » (Mc 10, 17-22). Une autre fois, il propose aux âmes gĂ©nĂ©reuses de le suivre sur la voie de l’obĂ©issance : « Si quelqu’un m’aime, qu’il se renonce lui-mĂŞme, qu’il porte sa croix et qu’il me suive. » (Mt. 16, 24-28). Enfin, dans une autre circonstance, Notre-Seigneur parle de « ceux qui se sont rendus eunuques pour le Royaume des Cieux » : allusion au vĹ“u de chastetĂ© parfaite (Mt. 19, 12). Ainsi, le triple renoncement des frères a son fondement dans les Évangiles. Mais dĂ©jĂ , dans l’ancien Testament, un Ă©pisode figurait cette invitation de Dieu Ă le suivre sur le sentier des trois vĹ“ux. Il s’agit du passage de la Genèse oĂą Dieu apparaĂ®t Ă Abraham et lui dit : « Sors de ta terre, sors de ta parentĂ©, sors de la maison de ton père. »
Lorsque Dieu attire des âmes Ă lui, il leur demande de se dĂ©tacher de certains biens. Mais ce renoncement n’est que la partie nĂ©gative de leur engagement. L’engagement des frères est avant tout positif. Il s’agit pour eux de se consacrer Ă Dieu. Et comme leur consĂ©cration est totale, ils appartiennent entièrement Ă Dieu. Dès leurs premiers vĹ“ux, ils deviennent rĂ©ellement des âmes consacrĂ©es. Comme un calice est un objet consacrĂ©, tout leur ĂŞtre est consacrĂ© Ă Dieu. Par consĂ©quent, toutes les actions qu’ils posent, mĂŞme les plus banales, acquièrent une valeur religieuse. C’est ce qui fait toute la beautĂ©, toute la grandeur de leur vocation. Que le frère soit cuisinier, jardinier, secrĂ©taire ou professeur, cela est très secondaire par rapport Ă sa vocation religieuse. Ce qui spĂ©cifie la vocation de frère, c’est le don total, plein, entier de sa personne Ă Dieu.
Modèle pour les prêtres
Sous le rapport des vĹ“ux, loin d’ĂŞtre infĂ©rieurs aux prĂŞtres, les frères sont pour eux une lumière, une rĂ©fĂ©rence, un modèle. En effet, les prĂŞtres de la FraternitĂ© ne font des trois vĹ“ux de religion que le vĹ“u de chastetĂ©. Sans doute, ils doivent avoir l’esprit de pauvretĂ© et pratiquer la vertu d’obĂ©issance, mais leur engagement sous ce rapport est moins Ă©tendu que celui des frères. Les prĂŞtres ont leur propre voiture, ils ont souvent un ordinateur, ils ont des livres qui leur appartiennent en propre. Et ils peuvent hĂ©las ! s’attacher Ă tous ces biens. C’est pourquoi il est très profitable, Ă nous prĂŞtres d’avoir près de nous des frères qui rappellent par leur vie l’idĂ©al vers lequel nous devons tendre nous-mĂŞmes.
Les frères nous aident par leur exemple Ă conserver l’esprit religieux. Mgr Lefebvre Ă©tait religieux, et s’il a choisi pour la FraternitĂ© d’ĂŞtre une SociĂ©tĂ© de vie commune sans vĹ“ux, ce n’Ă©tait pas pour nous dĂ©tourner de l’esprit religieux mais uniquement en raison des difficultĂ©s pratiques qu’auraient entraĂ®nĂ©es pour les subordonnĂ©s les vĹ“ux de pauvretĂ© et d’obĂ©issance. Ils auraient passĂ© leur temps Ă demander des autorisations pour les besoins de leur apostolat.
Les frères ont donc une très belle vocation, une vocation tout Ă fait positive. Comme toute vocation, elle se dĂ©finit par rapport Ă Dieu et non par rapport Ă l’homme. Certes, les frères vivent quotidiennement dans une dĂ©pendance très Ă©troite envers leur supĂ©rieur en vertu du vĹ“u d’obĂ©issance, mais ce vĹ“u ne trouve lui-mĂŞme sa raison d’ĂŞtre qu’en Dieu. Loin d’ĂŞtre avant tout des travailleurs manuels, les frères, tout comme les prĂŞtres, sont des hommes de Dieu.
Frère Cyrille-Marie, qui est professeur de latin, est frère professeur et non professeur frère. Frère Alphonse-Marie, qui est secrétaire, est frère secrétaire et non secrétaire frère. Frère Jean-Joseph, qui confectionne les soutanes, est frère tailleur et non tailleur frère.
En insistant sur l’aspect religieux du frère, je n’oublie pas le domaine professionnel. Les frères qui s’Ă©panouissent le plus ont presque toujours un mĂ©tier en mains. Le fait de pouvoir s’en servir dans le cadre de la vie religieuse est très enrichissant pour eux. Aussi, cherchons-nous dans la mesure du possible Ă cultiver ou dĂ©velopper les talents de nos frères pour leur Ă©quilibre et le bien de nos maisons.
Des apôtres zélés
Une des consĂ©quences de leur vie cachĂ©e en Dieu est la vie apostolique des frères. Il n’est pas exagĂ©rĂ© de penser que les frères de la FraternitĂ© peuvent ĂŞtre apĂ´tres tout autant que les prĂŞtres, malgrĂ© la vie effacĂ©e qu’ils mènent. Leur sublime oblation intĂ©rieure les transforme peu Ă peu en Dieu et attire sur les âmes de nombreuses bĂ©nĂ©dictions. Ă€ ces actes intĂ©rieurs s’ajoutent pour certains un apostolat plus direct. En effet, si des frères sont surtout sollicitĂ©s pour dĂ©charger les prĂŞtres de certaines tâches matĂ©rielles (Ă©conomat, jardinage, cuisine, entretien des bâtiments, secrĂ©tariat), il est tout Ă fait dans la ligne de leur vocation de faire du catĂ©chisme, de prendre la direction d’une chorale ou de se dĂ©vouer dans nos Ă©coles. Si l’on regarde les dernières nominations de frères, on constate qu’exceptĂ© Frère GrĂ©goire qui est parti en mission au Gabon, et de trois frères qui sont au SĂ©minaire, les autres sont actuellement en Ă©coles.
C’est une grâce pour la FraternitĂ©, car les frères ont un rĂ´le irremplaçable dans nos Ă©coles. PrĂ©sents 24 heures sur 24 auprès des enfants, ils les Ă©difient par leur exemple et ont la mission très belle de les rapprocher du prĂŞtre. Plus ils seront nombreux, plus le travail effectuĂ© auprès des enfants sera profond. Des jeunes gens gĂ©nĂ©reux qui n’ont ni les dons pour le sacerdoce ni ceux exigĂ©s pour une vocation purement manuelle, ont tendance Ă exclure a priori la possibilitĂ© d’une vocation, alors que certains d’entre eux auraient tout Ă fait leur place dans nos Ă©coles. Puissent les frères qui s’y trouvent actuellement ĂŞtre les pionniers de frères Ă©ducateurs ! Notre jeunesse aurait tant Ă recevoir de la part de bons et saints frères ! En Ă©tant religieux dans le monde, ils sont des phares pour beaucoup.
Les frères de la FraternitĂ© Ă©tant frères Ă part entière ne sont pas moins frères que les frères capucins ou dominicains. Finalement, un seul mot rĂ©sume, exprime, rĂ©vèle parfaitement leur vocation c’est celui de religieux. Le frère de la FraternitĂ© est un religieux. Il possède donc tous les devoirs du religieux, mais aussi tous ses privilèges !
Il est très important de le comprendre si nous voulons susciter de nouvelles vocations. Et de la naissance de nouvelles vocations de frères dĂ©pend en grande partie la saintetĂ© des prĂŞtres et leur rayonnement apostolique. Les frères sont un rĂ©el soutien pour les prĂŞtres. Ils nous permettent d’avoir une vie commune plus rĂ©gulière, ils partagent notre vie de prière et nous soulagent dans l’apostolat, chacun selon ses dons propres. Depuis quelques annĂ©es, on voit un nouvel intĂ©rĂŞt pour cette vocation de frère. Actuellement, 10 frères sont Ă Flavigny : un tel nombre n’a jamais Ă©tĂ© atteint depuis l’ouverture du SĂ©minaire. 4 sont profès, 4 novices et 2 postulants. Je ne doute pas que ce rĂ©veil de vocations ne se propage grâce Ă l’exemple de nos bons frères, grâce Ă©galement Ă vos prières.
Une des difficultĂ©s Ă surmonter est le manque d’Ă©lan de beaucoup de jeunes gens. Plusieurs ont les qualitĂ©s requises mais n’osent frapper Ă la porte du sĂ©minaire par fausse humilitĂ©. Soit ils se sentent indignes de la vocation, soit ils se demandent s’ils arriveront Ă persĂ©vĂ©rer toute leur vie dans cette voie. Cette disposition de dĂ©fiance de soi est bonne, mais pour qu’elle soit profitable, il faut y joindre une grande confiance en Dieu. DĂ©fiance de soi, confiance en Dieu, voilĂ les deux ailes de la perfection. Nous sommes faibles, mais Dieu est fort. Nous sommes inconstants, mais Dieu est fidèle. Il ne nous abandonnera jamais le premier, et sera toujours prĂŞt Ă nous ramener Ă lui si nous faisons quelque faux pas.
Formés en deux ans
La formation aide les jeunes gens Ă se bonifier avec la grâce de Dieu. On ne demande pas une saintetĂ© parfaite en entrant au SĂ©minaire. L’annĂ©e de postulat, qui se termine par la prise d’habit, et l’annĂ©e de noviciat, qui se clĂ´t par les premiers vĹ“ux, sont lĂ pour aider les jeunes gens Ă dĂ©velopper le meilleur d’eux-mĂŞmes.
Pendant cette durĂ©e, ils s’exercent Ă la pratique des trois vĹ“ux et partagent leur journĂ©e entre la prière, les cours, les activitĂ©s manuelles, sans oublier les moments de dĂ©tente. Il s’agit pour eux d’acquĂ©rir de bonnes bases spirituelles mais aussi un certain sens pratique. Ă€ l’issue de ces deux ans, le jeune profès est envoyĂ© dans un prieurĂ© ou une Ă©cole, en France ou dans un pays de mission, Ă moins qu’il ne soit utile de prolonger sa formation d’un an.
Que faut-il donc pour devenir frère dans la FraternitĂ© ? La vocation s’identifie avec le don de soi. Est appelĂ© celui qui a le dĂ©sir profond de servir Dieu et qui a la docilitĂ© pour se laisser former. Ă€ cela s’ajoutent un minimum de dons naturels et une santĂ© suffisante. Pour y voir plus clair, le meilleur moyen est de s’ouvrir Ă un prĂŞtre et de faire un petit sĂ©jour au SĂ©minaire. Un passage au SĂ©minaire est souvent dĂ©terminant pour dissiper certaines illusions ou au contraire pour confirmer une vocation.
(tiré de Fideliter, n°152 de Mars-avril 2003)
Pour tout renseignement, contacter:
Monsieur l’abbĂ© Patrick TROADEC
SĂ©minaire Saint-CurĂ© d’Ars
Maison Lacordaire
F – 21150 FLAVIGNY-SUR-OZERAIN
Tél. [+33] 380.96.20.74
Frères de langue allemande :
Ausbildungsstätte der Ordensbrüder für den deutschsprachigen Raum
Frères de langue anglaise :
Brothers Novitiate in the U.S.A

